L’austérité n’affecte personne

Ce documentaire est une plongée dans le vécu de ceux qui sont touchés par les mesures d’austérité. Sans concession, il donne la parole à ces personnes qui œuvrent auprès des gens qui ont le plus besoin des services de l’État. Ainsi, les organismes communautaires ne peuvent que constater, impuissants, l’amenuisement graduel des services qu’ils offraient jusqu’ici.

L’austérité est un mot lourd de sens. Il n’est pas innocent. Au Québec, le gouvernement préfère parler de rigueur budgétaire. Il n’en reste pas moins que certaines tranches de la population sont plus affectées que d’autres par le désengagement de l’État : au premier chef, les petits salariés et les gens défavorisés, suivis de tous ceux qui ne peuvent avoir accès à des services d’aide pour leurs enfants ou pour eux-mêmes, tant au niveau des prestations spécialisées que dans le milieu scolaire.

Le Québec, dit-on, n’aurait plus les moyens de ses services publics et de ses organismes communautaires. Paradoxalement, le gouvernement s’ingénie à faire porter le fardeau des coupes budgétaires sur les citoyens en leur disant qu’ils sont avant tout des coûts et des charges, qu’ils coûtent trop chers, qu’ils créent, et creusent la dette publique, que certains sont des parasites de la société. Il s’agit là d’un discours pervers et insidieux, mais efficace, auquel adhère une large tranche de la population avec pour conséquence la stigmatisation de certains citoyens.

Ce qui se passe actuellement a donc des effets insoupçonnés : les organismes communautaires de défense des droits collectifs disparaissent à mesure que leur financement se fait de plus en plus rare. Le gouvernement du Québec n’a-t-il pas dit qu’il était temps de « faire le ménage » dans ces groupes ? (traduction : « faire taire les groupes de revendication »). Cette tendance est tout à fait en phase avec le citoyen qu’exige le néolibéralisme : consommateur, autonome, entrepreneur de lui-même, architecte de sa vie et maître de son destin qui doit trouver en lui les ressorts nécessaires pour affronter la vie tout en se tournant le moins possible vers l’État. La revendication, aujourd’hui, devient inconvenante.