Documentaires

Grâce aux dons de différents donateurs, il nous a été possible de produire et réaliser quatre documentaires importants. Nous tenons donc à remercier tous ceux qui ont généreusement contribué à rendre accessible aux citoyens des enjeux qui travaillent et traversent notre société.


Le monde du travail est actuellement en pleine mutation : nouvelles logiques de marché, mondialisation accrue, changements technologiques, nouvelles pratiques managériales, transformations des attitudes de la main d’œuvre à l’égard du travail. De tels changements se traduisent par une plus grande quête de flexibilité de la part des entreprises, par une intensification de l’activité de travail et plus de précarité, par de nouvelles formes d’organisation du travail et de qualification, ainsi que par des pratiques managériales novatrices en vue de mobiliser les travailleurs et travailleuses et d’accroître leur implication subjective au travail. Ce documentaire présente ces transformations et en examine les conséquences sur la relation au travail vécue par les travailleuses et les travailleurs en accordant une attention particulière au point de vue syndical.


Certaines personnes m’ont vivement critiqué à propos de la prise de position que j’effectue dans ce documentaire en ce qui concerne la précarité, surtout sur le choix de certaines séquences montrant des personnes démunies et sans domicile fixe. En fait, si vous voyez des personnes démunies et sans domicile fixe dans ce documentaire, c’est qu’elles sont là pour rappeler à chacun d’entre nous, que l’ascenseur social est en panne et que la rue se trouve toujours près du rez-de-chaussée, là où s’arrête l’ascenseur… Malgré toutes les définitions sociologiques que l’on pourrait proposer à propos de la précarité, il n’en reste pas moins qu’il y a actuellement le passage effectif d’une société de travailleurs salariés à une société de travailleurs à contrat, ou à leur propre compte, ou dans des emplois à salaire minimum, d’où le glissement du salariat au précariat.


Ce documentaire est une plongée dans le vécu de ceux qui sont touchés par les mesures d’austérité. Sans concession, il donne la parole à ces personnes qui œuvrent auprès des gens qui ont le plus besoin des services de l’État. Ainsi, les organismes communautaires ne peuvent que constater, impuissants, l’amenuisement graduel des services qu’ils offraient jusqu’ici. L’austérité est un mot lourd de sens. Il n’est pas innocent. Au Québec, le gouvernement préfère parler de rigueur budgétaire. Il n’en reste pas moins que certaines tranches de la population sont plus affectées que d’autres par le désengagement de l’État : au premier chef, les petits salariés et les gens défavorisés, suivis de tous ceux qui ne peuvent avoir accès à des services d’aide pour leurs enfants ou pour eux-mêmes, tant au niveau des prestations spécialisées que dans le milieu scolaire.


Dans un chassé-croisé entre autorités politiques, le diocèse et les citoyens, le documentaire explique comment la société en est arrivée au point de fermer des bâtiments patrimoniaux et comment il est difficile de leur trouver de nouvelles fonctions. S’il y avait un élément clé à retenir suite au visionnement de ce documentaire, c’est bien la volonté de conserver le bâtiment pour les multiples fonctions qu’il propose, mais aussi la difficulté de faire saisir au plus large public possible que sa sauvegarde est essentielle, ne serait-ce que par le fait de ne pas occulter le passé historique de la société québécoise, dans un contexte où cette même société est engagée dans un processus de laïcisation tous azimuts au Québec.