Point de vue / Vidéos

Photo|Société produit des capsules, parfois des documentaires, qui examinent un pan de notre société, le décortique et l’analyse pour mieux en comprendre les tenants et aboutissants. Ces entretiens synthétisent un point de vue, ouvrent une fenêtre sur différents enjeux sociaux qui traversent et travaillent la société.


Pour certains sociologues, la précarité est un concept. Pour plusieurs entrepreneurs, la précarité se résume le plus souvent à un manque de volonté de vouloir se sortir d’une situation précaire. Pour certains chercheurs, précarité se conjugue aussi avec flexibilité en emploi, cette condition moderne du progrès. Pour ceux qui vivent la précarité, la situation est tout autre. Elle est cette insécurité fondamentale qui serait désormais le lot croissant des travailleurs. Elle cristallise l’angoisse sociale au-delà même des questions de pauvreté et d’instabilité. C’est ici que, en toute candeur, Lydia Arsenault, sociologue, accepte de parler de précarité et d’évoquer ce que plusieurs vivent et ressentent, et surtout, ce à quoi ils sont réellement confrontés. Par contre, pour nous, la précarité se définit comme suit: « toute situation salariale diminuant de façon marquée le pouvoir d’achat d’un individu doit être considérée comme du précariat ».


Si, pour plusieurs entrepreneurs, l’implication sociale est devenue un nouveau vecteur qui améliore l’image de marque et le positionnement stratégique de leurs entreprises, il y a des individus, dont Me Alexandre Guertin-Fleurent (avocat), qui s’impliquent socialement sans rien demander en retour ni dans le but d’améliorer leur image et leur positionnement stratégique. En fait, Alexandre, tous les jeudis après-midis, se présente à la banque alimentaire « La Bouchée Généreuse » de Québec pour offrir gratuitement des services de consultation juridique à une clientèle démunie et défavorisée. Bien qu’Alexandre n’ait jamais publicisé ce qu’il fait, nous avons réussi à le convaincre de nous parler de son implication sociale. Et cette implication mérite particulièrement d’être soulignée, car elle socialement significative.


La sociologue québécoise Isabelle B. Couture brosse un portrait sans compromis à propos de la situation de l’emploi. Que veut dire être employable ? Pourquoi faut-il devenir l’entrepreneur de soi-même, être l’architecte de sa vie et le maître de son destin ? Pourquoi faut-il briller, être le meilleur et le plus performant ? La précarité en emploi est devenue une situation incontournable et il faut désormais savoir comment s’y adapter. Si la précarité cristallise l’angoisse sociale, l’emploi incertain en est définitivement le vecteur. En somme, méritez-vous l’emploi postulé ? Malgré toutes les définitions sociologiques que l’on pourrait proposer à propos de la précarité, il n’en reste pas moins qu’il y a actuellement le passage effectif d’une société de travailleurs salariés à une société de travailleurs à contrat, ou à leur propre compte, ou dans des emplois à salaire minimum, d’où le glissement du salariat au précariat.


Si la précarité touche de plus en plus les travailleurs, elle a un effet particulièrement insidieux et pervers sur les femmes. Dans cette capsule de « Point de vue », des femmes du « Collectif Rose du Nord » nous parle sans ambages non seulement de la condition financière de certaines femmes, mais aussi de la stigmatisation sociale et de l’exclusion sociale dont elles sont victimes. Dans notre société où l’individu est avant tout évalué en fonction de ce qu’il possède ou non, le jugement social est vite porté sur ces femmes qui se retrouvent soit en situation monoparentale, soi en situation de non emploi, donc possédant moins par définition. La précarité, chez les femmes, n’est pas sur le point de diminuer et elle aura tendance à augmenter au cours des années qui viennent, car plusieurs d’entre elles se retrouveront dans des emplois bas de gamme au salaire minimum, même si elles sont détentrices d’un diplôme universitaire de premier cycle (idem pour les hommes…).


Le géographe Stéphane Roche (Université Laval) propose ici une réflexion qui va au-delà des idées reçues à propos de la ville intelligente (smart city). Alors que la  ville  intelligente  est souvent  perçue comme  le  concept à  opérationnaliser  pour  régler  la  plupart  des problèmes de l’urbanité moderne, dans une réflexion ouverte et sans contrainte, Stéphane Roche aborde différents aspects liés à la ville intelligente et démontre dans quelle mesure l’arrivée du numérique et bientôt celle de l’intelligence artificielle modifieront éventuellement en profondeur la trame urbaine. Au-delà du concept de ville intelligente, promu par plusieurs entreprises privées du domaine de l’informatique, il faut essentiellement se rendre compte que le concept même reste largement axé sur le marketing, d’où l’intervention de Stéphane Roche.


Le sociologue Emiliano Scanu, docteur en sociologie, enseignant-chercheur à l’Université Laval, aborde la question de la ville intelligente. Au-delà du simple concept de ville intelligente, Emiliano Scanu présente les défis qui se pointent à l’horizon pour rendre la ville réellement efficace sur le plan environnemental.Une ville peut être qualifiée d’« intelligente » quand les investissements en capitaux humains, sociaux, en infrastructures d’énergie (électricité, gaz), de flux (humains, matériels, d’information) alimentent un développement économique durable ainsi qu’une qualité de vie élevée, avec une gestion avisée des ressources naturelles, au moyen d’une gouvernance participative et d’une utilisation efficiente et intégrée des TIC. Une ville intelligente serait capable de mettre en œuvre une gestion des infrastructures (d’eau, d’énergies, d’information et de télécommunications, de transports, de services d’urgence, d’équipements publics, de bâtiments, de gestion et tri des déchets, etc.) communicantes, adaptables, durables et plus efficaces, automatisées pour améliorer la qualité de vie des citoyens, dans le respect de l’environnement.