Saine alimentation et santé

Lire en ligne ce numéro / Version papier

L’alimentation a ceci de particulier qu’elle mobilise inévitablement chez chacun de nous des réactions diverses. Pour certains, le seul fait de voir un dessert se traduit parfois comme étant un aliment interdit, malsain, synonyme de prise de poids. Pour d’autres, il représente un véritable festin, la promesse d’un délice. Pour le nutritionniste, il est symbole de calories à profusion, non pas forcément un aliment à proscrire, mais surtout un aliment à consommer avec grande modération. Et le mot modération, en matière de nutrition, est définitivement le maître-mot. Concrètement, dans une société où l’individu est réputé autonome, c’est à ce dernier qu’est essentiellement dévolue l’obligation de trouver le juste équilibre entre prise alimentaire et discipline, c’est-à-dire, la contenance de soi et la gouvernance de soi pour éviter la prise de poids.

Et c’est là où se structurent les interventions à déployer sur le corps, dans cette constante tension entre prise alimentaire et discipline, d’où l’idée que toute augmentation de la prise de poids au-delà de l’indice de masse corporelle idéal révélerait un individu ayant de la difficulté à trouver cet équilibre, et ce, nonobstant tous les autres facteurs d’ordre socio-économique.

Cette difficulté à trouver le juste équilibre implique deux types d’interventions. Au niveau individuel, toute augmentation excessive de la prise de poids au-delà de l’indice de masse corporelle idéal appelle une intervention qui va du simple régime, à l’activité physique, à la médicalisation ou à la chirurgie. Au niveau collectif, toute augmentation significative de la prise de poids de la population au-delà de l’indice de masse corporelle médian motive le déploiement d’une multitude d’intervenants et d’interventions publiques vouées à contenir le phénomène et à réguler les environnements ou les produits favorisant la prise de poids.

© Photo de la couverture : Michal Jarmoluk