Les arbres en milieu urbain disparaissent

  Verdir la ville  

Sociofinancement du documentaire « Verdir la ville un arbre  la fois »

Les forêts sont essentielles pour lutter contre le changement climatique. Elles absorbent d’énormes quantités de carbone de l’atmosphère qui réchauffe la planète et fournissent ainsi un abri aux espèces qui luttent pour s’adapter au réchauffement planétaire. C’est pourquoi les experts ont demandé que des mesures soient prises pour protéger les forêts. Mais qu’en est-il des arbres dans les villes ? On en entend beaucoup moins parler. Pourtant, les arbres qui bordent les rues et les cours arrière sont tout aussi importants que ceux de la forêt — en fait, peut-être même plus. Et nous les perdons aussi.

Certaines recherches suggèrent que les villes américaines et leurs environs ont perdu jusqu’à 36 millions d’arbres par an entre 2009 et 2014. Cela semble peut-être peu quand on pense au nombre d’arbres dans les forêts de notre pays, mais ces arbres ont un impact majeur sur la santé et le bien-être des individus et sur le changement climatique. En fait, même si les zones urbaines sont petites par rapport aux zones rurales, la valeur des arbres est plus importante parce qu’ils sont plus proches des gens. Et même si cette perte semble minime, elle est importante en proportion de la population.

En plus d’absorber le dioxyde de carbone, les arbres nettoient l’air d’autres polluants en absorbant les gaz et en emprisonnant les particules nocives dans leurs feuilles et leur écorce. Ils rafraîchissent les bâtiments en fournissant de l’ombre et les réchauffent en réduisant la pression du vent. Ils peuvent également réduire le bruit et ralentir les inondations. Et ces arbres sont très importants, car ils sont là où sont les gens.

Suffit-il seulement de planter des arbres pour redonner de l’oxygène à la ville ? Même si la chose semble tomber sous le sens, il importe de se poser la question. Le dossier du verdissement des villes est plus complexe qu’il ne semble à prime abord. Planter des arbres en milieu urbain c’est non seulement reverdir la ville, mais c’est aussi remettre en question le modèle urbain imaginé au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Revitaliser les quartiers centraux, végétaliser la ville, accroître la canopée urbaine, séquestrer la carbone, réduire les effets induits par les ilots de chaleur, absorber les particules polluantes, favoriser l’agriculture urbaine, stimuler l’économie, réduire les inégalités sociales en termes de qualité de vie, ne sont là que quelques aspects que recouvre le verdissement des villes.

Par exemple, si les arbres du nord canadien séquestrent plus de CO2 que ceux de New York, ces derniers ont plus de valeur parce qu’ils purifient l’air là où les gens respirent, car ilscontribuent également à réduire la température de l’air là où ils vivent et travaillent. Étant donné que, aux États-Unis, plus de 80 % de la population américaine vit dans des zones urbaines, ces arbres sont essentiels pour la santé et le bien-être des citoyens.

Lorsque les villes perdent des arbres, ces dernières sont privées des avantages qui en découlent. Ces avantages comprennent l’élimination de la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé humaine, la séquestration du carbone et la conservation de l’énergie, c’est-à-dire la réduction de la quantité d’énergie utilisée à cause des arbres. Ce que nous savons peu, c’est que la perte d’arbres coûte des dizaines de millions de dollars aux villes chaque année.

Selon l’étude menée par David Nowak et son collègue Eric Greenfield, tous deux chercheurs à l’U.S. Department of Agriculture’s Forest Service, la photographie aérienne leur a permis de comparer 1 000 sites géographiques aléatoires dans chaque État entre 2009 et 2014. Ils ont ainsi découvert que la canopée des villes, des villages et des banlieues avait diminué de 175 000 acres par année, selon l’étude parue dans la revue Urban Forestry & Urban Greening.

Au total, 45 États américains ont enregistré une baisse nette du couvert forestier. La Géorgie, la Floride et l’Alabama ont subi les pertes les plus importantes de couvert forestier, tandis que le Mississippi, le Montana et le Nouveau-Mexique ont connu de légères augmentations. À l’échelle nationale, c’est dans le Maine que l’on a trouvé le plus grand nombre d’arbres dans les zones urbaines, tandis que le Dakota du Nord en avait le moins, selon l’étude.
► Capsule vidéo tirée du documentaire Verdir la ville un arbre à la fois

En fait, personne ne sait quel est le fil conducteur derrière tout ça. Dans certains cas, il est impossible de savoir pourquoi un arbre a disparu. Il peut s’agir de vieillesse, d’une blessure, d’une maladie ou d’un choix délibéré de l’abattre. Mais dans bien des cas, c’est une bête question de développement immobilier, sans compter que le changement climatique contribue également à la perte d’arbres en milieu urbain. De plus, les violentes tempêtes renversent les arbres, tandis que le réchauffement des températures alimente la propagation des insectes qui détruisent les arbres.

En résumé, ce que suggère l’étude, c’est que les citadins peuvent ralentir le déclin du couvert forestier (canopée urbaine) en plantant de nouveaux arbres, mais cela ne résout pas entièrement le problème. En fait, quand on perd un grand arbre, ça fait un énorme trou, entraînant de facto un effet de décalage parce qu’il est difficile de remplacer un arbre mature par un autre arbre mature. Conséquemment, ces grands arbres sont remplacés par de nouveaux arbres plus petits, de sorte qu’il faut plus de temps pour combler cette lacune. Concrètement, remplacer l’efficacité d’un arbre mature est un lent processus, car les petits arbres mettent 25 à 50 ans avant d’arriver à maturité.

Comment les villes doivent-elles s’adapter ? Il est impératif de mieux comprendre la répartition de la canopée urbaine — apprécier la valeur des arbres — et comprendre comment les choses changent. Il doit y avoir plus de discussions sur ce que les villes veulent que leur avenir soit. Autrement dit, la mobilisation citoyenne en la matière doit passer par ce simple impératif : « Décidez de ce que vous voulez soutenir, puis faites un plan pour le soutenir ». En ce sens, la démarche du groupe Verdir la ville un arbre à la fois est déjà un très bon pas pour mobiliser les citadins.

  Verdir la ville  

Sociofinancement du documentaire « Verdir la ville un arbre  la fois »

© Texte, Claude Forest, 2019
© Photo entête,

 

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