« J’ai la mémoire qui tourne » est une série télévisée de 12 émissions, réparties en 3 saisons de 4 émissions chacune2. Il s’agit de documentaires de 46 minutes, réalisés à partir de « films de famille », c’est-à-dire tournés au sein de familles québécoises entre les années 1920 et 1980, recueillis et mis en forme par les Productions de la Ruelle, diffusés sur la chaine Historia de 2009 à 2011, et disponibles depuis lors sur Internet ainsi qu’en DVD.

Dans le communiqué de presse annonçant qu’elle venait de recevoir le prix Pierre-Burton du Gouverneur général en 2012, la série a été qualifiée d’emblématique. En 2009 elle a remporté le Grand Prix Boomerang (d’Infopresse), catégorie Site Média, ainsi que cinq nominations aux Prix Gémeaux en 2009. Elle a été, depuis le début, utilisée dans l’enseignement, tant au primaire, au secondaire qu’à l’université, et l’est encore. La première saison aurait retenu l’attention de 180 000 à 200 000 téléspectateurs « lors de sa première diffusion » à la chaine Historia3.

Cette visibilité et ce rayonnement ont piqué ma curiosité. Cette « mémoire qui tourne » est une mémoire visuelle. Une mémoire en images. Quelles sont ses lignes de force ? Comment se construit une mémoire collective à partir de films de famille ? Quelles images retient-on et comment les structure-t-on ? Quels commentaires accole-t-on à ces images ?