Les représentations de Papineau qui émergent dans le discours politique anglophone des années 1820 et 1830 se construisent à l’aide d’un vocabulaire politique et de dialectiques qui structurent la sphère publique locale, mais qui découlent de multiples traditions discursives observées dans les contextes britanniques, étatsuniens, ainsi qu’ailleurs en Amérique du Nord britannique. Les textes consacrés à Papineau entre 1827 et 1832 tournent sur la question de son aptitude à assumer les fonctions de président de l’Assemblée et de son rôle à la tête d’une cabale politique, que l’on désigne « Papineau faction ».

Les journaux réformistes repoussent ces critiques et leur opposent une représentation de Papineau comme défenseur des droits du « peuple » bas-canadien au sens large du mot. Les attaques des critiques du chef patriote s’intensifient entre 1832 et 1834, alors qu’on insiste particulièrement sur la démagogie du chef patriote. Après 1834, les nombreux textes dédiés à Papineau le personnifient sous les traits d’un révolutionnaire français, parfois même de Robespierre, témoignent de la vigueur de la tradition anti-jacobine au Bas-Canada.

Dans tous les cas, la figure de Papineau vient à incarner certains prototypes bien établis dans l’univers discursif de l’époque que les intervenants brandissent pour susciter la réaction du lecteur en renvoyant des images et des références historiques déjà très familières.