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Qu’est-ce que penser ? Cette question est probablement aussi ancienne que l’est la philosophie. Elle est sans doute aux débuts mêmes de toute civilisation élaborée. On ne peut la dissocier de cette autre question : qu’est-ce que parler veut dire ? La première question suscite de multiples réponses. Une réponse classique à la seconde question est celle qui consiste à opposer l’humain à l’animal. Si le premier possède un langage, on est moins sûr que cette propriété appartienne au second.

Une définition commune de ce qu’est le langage consiste à dire qu’il est un « véhicule » des pensées, des émotions. On insiste ainsi sur sa dimension d’outil de communication. Il serait donc postérieur aux pensées et émotions dont il serait l’expression. Cette conception a été large-ment partagée par les philosophes. Mais ceux-ci ont toujours reconnu les pouvoirs et propriétés du langage : le langage est ce qui permet d’organiser les pensées, de procéder à l’abstraction, de classer les choses ou encore de persuader.

Le langage est ainsi une condition de la pensée. Questions alors : la pensée s’identifie-t-elle au langage ? Le langage détermine-t-il la pensée, ou celle-ci n’est-elle que l’expression des possibilités du langage ? Interrogations récurrentes auxquelles un certain nombre d’auteurs ont tenté d’apporter des éléments de réponse.

ISBN 978-2-923545-56-1