L’accès à Internet continue de se développer dans le monde entier. Selon le deuxième rapport sur l’état de la connectivité compilé par les chercheurs de l’initiative Internet.org dirigée par Facebook et publié en février 2018, le nombre de personnes utilisant Internet est passé de 2,9 milliards en 2014 à 3,2 milliards en 2015, ce qui place le pourcentage d’individus connectés à 43 % dans le monde.

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Mais cette compréhension du progrès masque de grandes divergences entre les mondes les plus développés et ceux qui le sont encore aujourd’hui. À la fin de 2015, 82 % de la population des pays développés utilisaient Internet ; dans les pays en développement, ce chiffre était beaucoup plus faible, seulement 35 %. Toutefois, il ne suffit plus de parler de l’accès à Internet en termes de nantis et de démunis. En ce sens, l’examen des différences dans la disponibilité des réseaux mobiles, dit M. Tyler, est un bon point de départ.

Selon les données de l’International Telecommunications Union (UIT), l’institution spécialisée des Nations Unies dans le domaine de la technologie, 95 % de la population mondiale vit dans des zones couvertes par au moins un réseau cellulaire mobile 2G de base, mais cela ne contribue guère à combler le déficit d’accès à Internet. En fait, on passe ainsi trop souvent sous silence la différence d’expérience entre un réseau 2G et une connexion haut débit 3G ou 4G. Ne pas oublier que le téléchargement d’une application de base sur un réseau 2G peut prendre jusqu’à 30 minutes.

La carte ci-dessous, tirée du rapport sur l’état de la connectivité d’Internet, indique où les réseaux 2G, 3G et 4G haut débit sont utilisés pour se connecter à l’application Facebook.

Pour la plupart, les pays en développement font le plus grand usage du réseau 2G. D’ailleurs, l’UIT estime que 70 % des habitants des zones rurales n’ont pas accès aux réseaux mobiles à large bande. Reconnaissant l’importance d’une connectivité Internet fiable pour la croissance durable, l’inclusion économique, l’éducation et la santé publique, l’UIT, qui a établi  le Connect 2020 Agenda en novembre 2014, demandait alors que 90 % de la population rurale mondiale soit couverte par des réseaux à large bande dans les quatre prochaines années.

C’était un plan ambitieux et ce l’est toujours. Toutefois, les appareils mobiles ne disent que la moitié de l’histoire. John Matherly, car au-delà de la connectivité Internet d’une personne individuelle, l’examen de la densité des appareils connectés à Internet indique le niveau de modernisation d’un pays donné.

Sur la carte de 2016, ci-dessous, des grappes de rouge indiquent où se trouvent les densités les plus élevées d’appareils connectés à Internet ; les zones bleues indiquent les plus faibles densités.

Structurellement, le regroupement des appareils sur cette carte n’est pas différent de la distribution des réseaux mobiles à large bande. C’est logique, car la majorité des appareils suivis sur cette carte ne sont pas personnels, mais infrastructurels, c’est-à-dire bâtiments, systèmes d’éclairage intelligents et autres systèmes contrôlés par Internet.

Le modèle de la  ville intelligente englobe tout, du design urbain à l’énergie solaire. Il n’est donc pas surprenant que les grappes de rouge soient si visibles en Europe, où des villes comme Amsterdam prônent ces technologies de pointe depuis des années. Quand on examine attentivement les deux cartes ci-dessus, on constate que la densité des appareils connectés à Internet dans les pays en développement était relativement stable, alors que dans des pays en plein développement comme Antigua, la connectivité a été multipliée par 100.

L’UIT, en préconisant un accès individuel accru au réseau, et en faisant en sorte que la technologie continue d’infiltrer l’infrastructure, les deux cartes montreront éventuellement des distributions de couleurs très différentes au cours des prochaines années – et beaucoup moins d’espaces noirs non relié au réseau des réseaux.

Impacts|Sociaux, 2019