Consommation et discipline

Consommation

Dans une société néolibérale, il est attendu de chaque individu qu’il arrive à trouver le juste équilibre entre consommation et discipline. D’autre part, cette même société néolibérale encourage vivement la consommation à travers des incitatifs tous plus efficaces les uns que les autres, dont un accès facile au crédit. Cette double posture fait en sorte que l’individu est constamment confronté à sa responsabilité personnelle.

La discipline et la responsabilité sont des comportements attendus de la part de chaque individu dans une société néolibérale. Comme le souligne le chercheur Philippe Fournier du Cérium, « la responsabilité est devenue une modalité indispensable du gouvernement de la conduite au sein d’une rationalité néolibérale. En plus de constituer une série de dispositions morales qui remédierait aux failles et aux lacunes de l’individualisme (néo)libéral, la responsabilité se matérialise dans les incitations à une citoyenneté active et participe de ce fait à la rationalisation du retranchement de l’État de la sphère sociale1. » Conséquemment, l’évangile de la performance dans une main, le culte de la performance dans l’autre, l’individu est désormais convoqué non seulement à sa propre réalisation, mais à ne dépendre que de lui-même, d’où l’idée qu’il doit se discipliner face à sa consommation, car s’il échoue, il aura à porter le fardeau social de son échec en cas de faillite financière personnelle.

Considéré sous cet angle, « les invocations récentes à la responsabilité paraissent être de deux ordres. Le premier est lié à l’atteinte de l’autonomie et à l’évaluation individuelle des coûts sociaux de certains comportements dans un mode de gouvernement néolibéral. Le deuxième est lié précisément à ce qu’une rationalité néolibérale ne peut pas produire, c’est-à-dire aux déterminations normatives qui dépassent les cadres de l’utilité et de la liberté économique2. »

Consommation

© Georges Vignaux, philosophe / Pierre Fraser, sociologue
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1 Fournier, P. (2015), « La responsabilité comme mode de gouvernement néolibéral : l’exemple des programmes d’aide aux familles aux États-Unis de 1980 à nos jours », Les ateliers de l’éthique, vol. 10, n° 1, p. 129–154.
2 Idem.

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