La Mère Poulard et ses biscuits haut de gamme

Alimentation

Les produits de la Mère Poulard possèdent trois caractéristiques : (i) ils sont importés de France, ce qui leurs confère une valeur de démarcation sociale pour le consommateur québécois ; (ii) il s’agit d’un produit haut de gamme, ce qu’il faut traduire par le fait qu’ils coûtent aussi cher en France qu’au Québec, pour un prix variant entre 13,99 $ et 18,99 $ le 500 gr. ; (iii) ils renvoient indubitablement à la notion d’authenticité et de produit du terroir. Les produits bénéficient d’un discours qui sied à ce type de produits et qui se décline en deux temps.

Premièrement, la volonté de l’entreprise d’en faire un produit de consommation internationale : « Si durant plus d’un siècle, la production et la distribution des biscuits La Mère Poulard sont restées cantonnées à l’Auberge de La Mère Poulard et aux alentours [Mont Saint Michel], elle s’est développée depuis une quinzaine d’années en France et dans le monde entier. Aujourd’hui, les mangeurs de biscuits de La Mère Poulard sont partout et les délicieux produits gourmands s’exportent en France et à l’étranger dans 70 pays. »

Deuxièmement, la question d’une recette originale, secrètement gardée depuis plus d’un siècle, d’où l’idée renforcée d’authenticité et de produit du terroir : « La Biscuiterie La Mère Poulard perpétue la tradition ancestrale de la célèbre cuisinière et propose une gamme de biscuits qui repose sur un savoir-faire unique et centenaire. Si la recette est simple — œuf, beurre, farine, sucre — le reste, c’est le secret de la Mère Poulard ! »

La mise en vente de ce type de produits n’est pas innocente. Inviter des amis à manger, soit des biscuits, soit des sablés ou des galettes hors de prix, est avant tout une démarche pour signaler son statut social. Certes, on peut ne pas partager la consommation de ces produits, mais il n’en reste pas moins que le seul fait de les acheter signale sa position sociale.

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© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue / texte et photo, 2017