Filets de thon au naturel, filets de thon gourmands

Alimentation

Définitivement un produit d’importation au Canada, les filets de thon de la photo ci-dessous se démarquent tout particulièrement. Commercialisés par la société française Saupiquet, société qui clame dans son slogan, « Saupiquet donne des couleurs à la mer », les filets de thons en question sont enrobés d’un discours tout à fait particulier : « Avec la gamme filets de thon, Saupiquet vous propose le meilleur du thon. La présentation en filets, naturelle, permet de préserver tout le moelleux et la saveur du thon. À déguster tel quel ou accompagné, les filets de thon sont une solution pratique et gourmande. »

Mais plus encore, cette société s’inscrit définitivement dans la mouvance de la traçabilité de la provenance des aliments et de son côté naturel non transformé, d’où l’encapsulation, dans cette seule canne de filets de thon, de valeurs sociales issues de la mouvance écologiste.

Choisir ces filets de thons serait affirmer son appartenance à une certaine classe sociale et afficher une certaine vertu alimentaire et environnementale.

En France, ces produits sont destinés à une clientèle peu fortunée, encore que, Saupiquet vise plus une clientèle classe moyenne, et on trouverait cette boîte précisément à 2,30 € euros environ en France, boîte à laquelle il faudrait ajouter tout un tas de produits venant de France et qui coûtent une misère là-bas (mention spéciale à tous ces produits Leader Price ou autres marques bas de gamme qui inondent les étals, que ce soit au Marché du Vieux-Port ou à l’Épicerie européenne située à Québec.)

Que signifie, au juste, la présence de ces produits au Québec ? D’une part, les importateurs savent qu’il y a une clientèle d’immigrés français qui voudront en acheter, peu importe le prix (jouer sur les produits de l’enfance… Chacun sa Madeleine de Proust !).

On affiche ainsi son origine et sa classe sociale. D’autre part, le consommateur québécois local qui peut se permettre d’en acheter n’a vraisemblablement aucune idée de la valeur réelle de ces choses en France, sinon il saurait qu’il se fait avoir.

Finalement, le commerçant joue-t-il sur la fibre « élitiste-écolo-snob » ou sur la fibre sentimentale, proximité avec le cousin français ?

Chose certaine, pour avoir passé plus d’une heure dans ce commerce, je peux vous confirmer que ça fonctionne.
Alimentation

© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue / texte et photo, 2017


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