Conteneur, symbole visuel de la mondialisation

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Dès le début des années 1980,  le conteneur contribuera non seulement à diminuer largement les coûts d’expédition, mais deviendra le fer de lance de la mondialisation, avec des cargos toujours de plus en plus gros permettant de transporter toujours de plus en plus de conteneurs, le tout supporté par une gestion de type « juste à temps. »

Conteneurs : mise en place d’une imposante infrastructure de transbordement à l’échelle planétaire

Le conteneur — flexible et multimodal, il permet de passer du navire au camion et au train en quelques minutes — règne désormais en maître absolu sur le commerce mondial. Non seulement a-t-il permis d’automatiser la quasi-totalité des opérations de transport, mais son utilisation a surtout considérablement modifié la chaîne de production en facilitant la délocalisation et la relocalisation de millions de produits.

Cargos : transit des conteneurs à travers les continents

Trains : transit des conteneurs à l’échelle d’un continent ou d’un pays

Camions : transit des conteneurs pour livraison au point de distribution ou de vente

D’un strict point de vue sociologique et visuel, le conteneur est plus qu’un simple réceptacle des biens fabriqués partout sur la planète. Il est avant tout un puissant repère visuel d’une économie globalisée, c’est-à-dire que le symbole qu’il normalise nos comportements, nos conduites, nos jugements, nos attitudes, nos opinions et nos croyances en matière de consommation à travers ce qu’il contient. Et ce qu’un conteneur contient s’inscrit dans des parcours visuels et des réseaux visuels de consommation, c’est-à-dire que le conteneur représente ni plus ni moins que le fer de lance d’une consommation mondialisée dont les codes visuels ont presque tous été uniformisés.

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© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue / texte