Combien d’argent les arbres permettent-ils d’épargner dans les grandes villes ?

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Il existe actuellement 47 mégalopoles dans le monde, chacune abritant plus de 10 millions d’habitants. Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des zones urbaines, soit environ 3 % de la planète. L’empreinte écologique de cette croissance est importante et il y a énormément à faire pour améliorer la vie des citadins du monde entier.

Lorsqu’il s’agit d’espaces naturels, les arbres sont des espèces clés de l’écosystème urbain qui profitent largement aux citadins. Mon équipe de recherche a calculé à quel point un arbre est important, particulièrement les mégapoles. En fait, les arbres nettoient l’air et l’eau, réduisent les inondations des eaux pluviales, améliorent la consommation d’énergie des bâtiments, et atténuent, entre autres, les changements climatiques. En somme, pour chaque dollar investi dans la plantation, les villes obtiennent un rendement moyen de 2,25 $ par année.

Mesurer l’apport effectif des arbres
Notre équipe, dirigée par le Dr David Nowak du Service des forêts de l’USDA et Scott Maco du Davey Institute, ont développé le logiciel i-Tree Tools. Cet outil informatique simule la relation qui existe entre les arbres et les services écosystémiques qu’ils fournissent. Ces services peuvent inclure la nourriture, l’air et l’eau propres, le contrôle du climat et des inondations, la pollinisation, les loisirs et l’atténuation du bruit. Nous simulons pour le moment peu de services qu’offrent les srbres, de sorte que nos calculs sous-estiment la réelle valeur des arbres urbains.

À ce jour, notre logiciel peut simuler comment la structure d’un arbre (hauteur, taille du couvert, surface foliaire) affecte les services qu’il rend à la cité. Il est en mesure d’estimer comment les arbres réduisent les impacts des inondations, ou bien, explorer comment ils affecteront la qualité de l’air, la consommation d’énergie des bâtiments et les niveaux de pollution de l’air dans leur communauté. Il peut également permettre aux utilisateurs d’inventorier les arbres de leur propre région.

Nos relevés aériens systématiques de 35 mégapoles suggèrent que 20 % du noyau urbain moyen d’une mégapole est couvert par une canopée urbaine. Mais cela peut varier considérablement en fonction de la ville. Par exemple, les arbres ne couvrent que 1 % de Lima au Pérou, contre 36 % cent à New York.

Couverture forestière dans les mégalopoles

Nous voulions déterminer dans quelle mesure les arbres contribuent au bien-être humain dans les endroits où les humains sont les plus concentrés et où la nature est peut-être la plus éloignée. De plus, nous voulions calculer combien d’arbres supplémentaires pourraient être plantés dans chaque mégapole pour améliorer la qualité de vie.
Comment la densité des arbres affecte une ville
Nous avons examiné en détail 10 mégapoles dans le monde, dont Beijing, Le Caire, Mexico, Los Angeles et Londres. Ces mégalopoles sont réparties sur les cinq continents et représentent différents types d’habitats. Le Caire était le plus petit, avec 1,173 kilomètres carrés, tandis que Tokyo mesurait 18,720 km/c.

Pour la plupart des villes, nous avons examiné les images aériennes de Google Maps, en sélectionnant au hasard 500 points et en classant chacun à partir des criètes suivants : couvert arboré, herbe, arbuste, etc.

Économies que permettent les arbres

Nous avons pu calculer que le couvert forestier était lié à d’importantes économies de coûts. En fait, chaque kilomètre carré a permis d’économiser environ 0,93 million de dollars en coûts de soins de santé liés à la pollution atmosphérique, 20 000 $ en captant les eaux de ruissellement, et 478 000 $ en économies de chauffage et de climatisation des bâtiments.

De plus, la valeur annuelle médiane du dioxyde de carbone séquestré par la mégacouverture forestière était de l’ordre de plus de 7,9 millions de dollars. Cela représente environ 17 000 $ par kilomètre carré. Le CO2 total stocké était évalué à 242 millions de dollars, selon une mesure appelée le coût social du carbone.

La somme de tous les services annuels fournis par le couvert forestier des mégapoles avait une valeur annuelle médiane de 505 millions de dollars. Cela donne une valeur médiane de 967 000 $ par kilomètre carré de couvert forestier.

La valeur économique des arbres

Les arbres dans votre ville
Notre constant est le suivant : une forêt urbaine peut fournir des services qui amélioreront significativement tous les milieux de vie de la cité. De plus, toutes les villes que nous avons étudiées avaient le potentiel d’ajouter des arbres supplémentaires, environ 18 % de la région métropolitaine étant en moyenne disponible. Les endroits potentiels comprenaient les trottoirs, les terrains de stationnement et les places de stationnement. La canopée de l’arbre pourrait s’étendre au-dessus de la zone occupée par l’homme, le tronc étant placé de façon à permettre le passage des piétons ou le stationnement.

Autre constat, tout le monde peut agir. Les urbanistes municipaux et régionaux peuvent continuer à intégrer la planification des forêts urbaines. Les élus municipaux peuvent partager l’idée que la forêt urbaine est directement liée à sa  communauté, et ils peuvent également défendre et soutenir les groupes qui cherchent à la promouvoir et à l’augmenter. Finalement, les personnes qui sont dans l’impossibilité de planter un arbre peuvent ajouter un arbuste en pot, qui est plus petit qu’un arbre, mais qui a un couvert de feuilles qui peut apporter des avantages similaires.

© Théodore Endreny
Professeur de ressources en eau et de génie écologique au College of Environmental Science and Forestry de la State University of New York.

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