►   Inégalités sociales

Du foie gras au macaroni, c’est aussi la métaphore de se nourrir en tant que nanti ou défavorisé.

Le foie gras au torchon, nourriture élitiste, nourriture de foodie, nourriture de distinction sociale, nourriture disponible dans les boutiques spécialisées pendant la période du temps des fêtes.

Le macaroni, nourriture des défavorisés, nourriture de mals nourris, nourriture d’indistinction sociale, nourriture disponible, entre autres, dans les banques alimentaires.

Ceci étant dit, il faut apporter une précision. Les photos ci-dessous ne s’inscrivent pas dans une logique binaire, loin s’en faut. Elles pointent plutôt des tendances prenant forme d’images, de métaphores.

Comme le souligne Georges Vignaux, « il y a des symboles de luxe — le foie gras —, mais ce sont des produits plutôt de luxe ou ritualisés dans un contexte — la période de Noël. Les gascons le confirmeront : c’est à Noël, parce que les oies ont été gavées à cette époque et c’est un produit où un terroir, une communauté culturelle, se reconnaît. Donc, c’est commun dans le Sud-Ouest de la France, mais luxueux à Paris ou à l’étranger. Ainsi, le foie gras n’est pas le signe du riche, mais plutôt le signe de la tendance vers la « distinction » au sens de Bourdieu… ça fait chic… c’est exceptionnel. Le macaroni c’est tous les jours… »

Partant de cette différenciation sociale entre foie gras au torchon et le macaroni, avez-vous déjà tenté de visualiser ce à quoi pourrait bien ressembler la différence entre manger pour le plaisir et manger pour combler ce simple besoin de base qu’est le fait de se nourrir ? La photographie permet de le faire.

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© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue / texte et photos, 2015