Jacques-Cartier et son navire devenu art urbain 500 ans plus tard

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Selon les données fournies par des fouilles archéologiques, Jacques Cartier et ses hommes, à bord de la Grande Hermine, auraient ancré leur navire dans une petite baie de la rivière Lairet.  Au début des années 1970, pour commémorer cet événement, il a été installé une réplique de la Grande Hermine au Parc Cartier-Bréboeuf (Québec), là où était supposée avoir été ancré le vaisseau.  Le site commémore le deuxième voyage de Jacques Cartier et de son équipage en 1535-1536, plus précisément leur hivernage au confluent des rivières Saint-Charles et Lairet près du village iroquoien de Stadaconé (Québec) et l’établissement de la première résidence des missionnaires jésuites à Québec, en 1625-1626.

© Archives de la ville de Québec, 1974

Pour la petite histoire, dans sa publication Le brin d’histoire (avril 2004), l’auteur et gestionnaire des Archives du photographe explique : « La réplique de la Grande Hermine a été construite à la Mile Davie de Lévis en 1966 pour être présentée à l’Expo 67 de Montréal. […] Au mois de novembre 1971, elle est de retour à Québec pour agrémenter le parc Cartier-Brébeuf et servir d’attrait touristique. […] En 1995, le bâtiment montre des signes de vieillissement prématuré. Il est libéré [de son] bassin pour un examen approfondi. Le constat des experts est désolant. […] Il n’est plus question de la remettre à l’eau. Ses mâts sont condamnés et le bateau est déposé sur une partie du terrain à proximité du bassin. […] La Grande Hermine a été démolie à coups de pelle mécanique dans la semaine du 10 juin 2001 sous le regard désespéré de plusieurs manifestants venus témoigner leur désapprobation. […] »

Si le lecteur observe attentivement la photo ci-dessus, derrière la Grande Hermine, on y voit très bien la ville de Québec en surplomb, ainsi que des installations industrielles tout juste de l’autre côté de la rivière. Une fois la Grande Hermine démolie, de 2008 à 2009, des travaux de revitalisation du site et de mise à jour de la rivière Lairet ont été entrepris et les berges ont été revitalisées afin de mieux refléter l’état de la rivière à l’époque de Jacques Cartier.

La photo ci-dessous est éclairante à plus d’un égard concernant les préoccupations contemporaines relatives à l’environnement et au verdissement des villes, car elle montre le même endroit que la photo ci-dessus, les installations industrielles en moins.


Et comme l’une des fonctions de l’art urbain consiste parfois à recréer autrement des éléments du passé, la Grande Hermine, avec cette installation artistique, représente la carcasse même de ce vaisseau, vestige du passé. L’intérêt de cette installation artistique réside essentiellement dans la sobriété de l’œuvre et dans forme épurée. Et elle est là l’une des fonctions de l’art urbain, témoigner du passé de la cité.

Quand le squelette du navire s’élance vers le ciel

© Pierre Fraser (Ph. D.), sociologue / texte et photos (sauf photo de 1970), 2018

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