Le démon du classement

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Est-il possible de penser le monde autrement qu’en l’organisant en catégories aussi diverses que variées ? A trop vouloir étiqueter les choses, à trop vouloir répertorier les individus en les classant, ne court-on pas le risque de l’exclusion ? En fait, dès que je pense le monde, je l’organise et je ne peux penser le monde sans classer les choses ou les phénomènes qui, à mon sens, le composent.

Tel est le paradoxe de nos vies et de nos sociétés : tout se classe pour se penser, tout s’organise pour se comparer et donc se catégoriser. Par exemple, il faut s’habituer à penser la société comme catégorisée en riches et en pauvres, mais aussi, selon les nouveaux mots en usage, en exclus, en intégrés, en performants, en inadaptés sociaux, en illettrés, en drogués, en suicidaires, en isolés dans les villes, en oubliés à la campagne, en vaincus ou en gagnants, en dynamiques, en fonctionnaires, en contractuels, en entrepreneurs, etc.

Voilà le phénomène : nous ne pouvons plus considérer la société sans immédiatement nous mettre à catégoriser ceux qui la constituent. La société ne s’imagine plus comme un ensemble ou comme un tout.

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