La révolution du tout au numérique se répercutera inévitablement dans l’évolution des grands réseaux de communication. Face à la demande croissante, les entreprises de télécommunications offriront des services à large bande abordables (au Canada ça risque d’être un vœu pieu pour encore plusieurs années). Au cours des dix prochaines années, tout sera lié à tout : les gens avec les gens, les gens avec les choses, et les choses les unes aux autres.

Les normes d’interopérabilité auront été définies et les réseaux informatiques se parleront comme le font les réseaux de télécommunication d’aujourd’hui. Les applications seront écrites sur des interfaces ouvertes à l’ensemble de la communauté des développeurs, qui auront ainsi la possibilité de passer d’un réseau à l’autre, de la même manière qu’on le fait aujourd’hui avec un appel téléphonique.

Ainsi, Internet sera de plus en plus intelligent, là ou les choses prennent réellement vie. Les ordinateurs disposeront d’un niveau de compréhension suffisant de ce qui se passe sur Internet pour générer de nouveaux types d’informations. Le nuage de contenus contextualisés comprendra ce que nous voulons dire, et deviendra, avec le temps, notre conseiller personnel.

Autrement, la réalité augmentée fera partie de notre quotidien : nous livrerons toujours de plus en plus d’informations à notre environnement, l’enrichissant par le fait même.

La tendance du logiciel en tant que service finira par s’imposer pour l’automatisation des tâches et l’optimisation des processus, avec pour conséquence l’amélioration de la compétitivité de nombreuses entreprises de taille moyenne et l’apparition de nouveaux modèles économiques.

En parallèle, nous verrons différents domaines scientifiques et technologiques converger en une superdiscipline, ce qui élargira et approfondira la portée de ce qui est actuellement connu sous le nom de « convergence NBIC ». Il en résultera la fusion de la recherche et du développement en nanotechnologie, de la biotechnologie, de la technologie, des sciences de l’information, et des sciences cognitives.

Ces quatre disciplines se compléteront non seulement l’une l’autre, mais convergeront dans de nombreux domaines d’application pour réaliser un saut à la fois qualitatif et quantitatif dans la recherche, qui ne pourraient autrement être réalisés.

Les progrès dans la compréhension du génome humain n’ont été possibles que grâce à la confluence de l’augmentation des capacités de calcul, de la miniaturisation des capteurs et des progrès de la biologie et de la médecine.

De la même manière, la convergence NBIC permettra le progrès de l’épigénétique, une science qui étudie comment les facteurs externes interviennent dans le développement d’un organisme. Par exemple, il a déjà été montré qu’un changement de température active les gènes « endormis » dans l’ADN des mouches et des plantes, et que cette altération est transmise à la génération suivante.

En somme, dès le début de la prochaine décennie, nous aurons plus d’informations sur la façon dont notre style de vie affecte notre développement cellulaire, et comment il influe sur le vieillissement et le développement de différentes maladies. Évidemment, la médecine sera le grand champ d’application de cette science en pleine émergence.

La tendance vers la convergence NBIC sera consolidée et deviendra réalité au cours des années 2020, et ce, grâce aux avantages à court terme que de nombreux centres de recherche auront de répartir leurs coûts de recherche et développement.

[Futur proche]

© Prospective|Société, 2018