Les réseaux numériques comme défi social d’envergure

La valeur collaboration/partage est une valeur en soi qui naît à l’intérieur de chaque être humain et qui se reflète dans la coexistence communautaire et sociale, alors que les technologies (Internet) sont une valeur instrumentale qui ajoute de la valeur pour atteindre une fin dans la société. L’économie fait partie d’un mode de vie fondé sur des valeurs collectives.

La construction de la réalité sociale à travers Internet
La nouvelle culture de collaboration se construit à la fois individuellement et socialement à travers Internet, qui est déjà le centre et le lieu habituel de la collaboration virtuelle.

Le réseau numérique est l’instrument technologique par lequel des milliers de millions d’êtres humains peuvent communiquer et échanger des biens, des services, et bien sûr, partager des valeurs, des idées, de la créativité, des sentiments, des émotions, etc., et ce, en temps réel, mais virtuellement et globalement.

C’est déjà un fait incontestable qu’Internet a conduit à un grand changement économique et éducatif, et qu’il a révolutionné la manière de communiquer, de comprendre la société par une nouvelle forme de relation virtuelle, jamais vue auparavant.

Internet a promu de nouvelles manières, formes, angles et styles de voir et d’observer le monde. Malgré l’inégalité dans l’utilisation du Réseau, des entreprises comme Facebook travaillent, avec des technologies de pointe, à amener Internet au monde entier, avec des connexions fiables, ou au moyen de drones équipés de panneaux solaires, ou par des satellites capables de transmettre des signaux Internet en utilisant des faisceaux laser infrarouges. C’est l’influence puissante de l’Internet économique, éducatif et capable de réduire les inégalités sociales.

Réflexions autour de l’émergence de la nouvelle bioéthique sur Internet
Il s’agit de réfléchir sur les avantages et les inconvénients bioéthiques de l’interconnexion de la planète de tout avec tout, de telle sorte que cette interconnexion améliore non seulement la relation sociale dans l’utilisation des biens et des services, mais aussi servent également à améliorer les valeurs et les droits de l’homme. Parmi les autres avantages qui peuvent être énumérés, en voici quelques-unes.

La nouvelle société émergente est collaborative, en particulier celle des générations montantes, car elle change son paradigme et ses valeurs. Par exemple, en se connectant à Internet, on rompt l’isolement, et on partage sur le réseau, musique, vidéos, images, etc. On échange déjà une grande partie de biens et de services (information, données, transport, voyage, alimentation, etc.), mais aussi des expériences, des connaissances, des idées, des valeurs, de la créativité, de l’innovation, des relations personnelles et collectives, etc.

Une autre facette intéressante de cette société collaborative est qu’elle collecte de l’argent à travers de petits dons (sociofinancement) pour guérir les malades, enquêter sur les maladies rares, effectuer des essais avec des vaccins, des traitements pharmacologiques, etc. C’est un moyen de faire bénéficier à des millions de personnes le fruit de ces recherches et de réduire d’autant les inégalités sociales.

En quelques décennies, grâce à Internet, un mode de partage virtuel s’est mis en place. C’est une toute nouvelle façon de communiquer, en particulier pour les nouvelles générations, et c’est un phénomène social qui est en pleine expansion. Et si ce paradigme se met en place, c’est qu’on se concentre davantage sur l’accès aux biens et services que sur la propriété. L’exemple type est bien celui de la génération dite Napster, dont le réseau, fondé en 1999, a permis à des millions de personnes de partager, sans égard à la classe sociale, de la musique, des fichiers, etc., à faible coût ou à coût nul sur Internet. Finalement, ce processus a mis en évidence l’émergence de « l’ère de l’accès gratuit » qui a conduit de nombreuses maisons de disques à la faillite.

D’autre part, basées sur le volontariat et la collaboration , les nouvelles générations nous permettent d’entrevoir plus de réciprocité et de transparence autour de la vie privée sur le plan génétique, de l’identité personnelle, de la confidentialité, du travail interconnecté de manière virtuelle. Tel serait l’exemple du suivi des maladies rares dans la famille et les populations, l’accès au dossier médical via Internet, l’accès à l’imagerie médicale du corps, etc. Cette manière de s’interconnecter au réseau comporte également ses inconvénients, qui peuvent entraver le développement normal de l’Internet des objets.

La société, du moins occidentale, avec une forte empreinte capitaliste et individualiste, a besoin d’une période de transition vers cette société totalement collaborative, si cela n’est pas fait de manière harmonieuse et démocratique. En fait, ce genre de contexte, pourrait retarder d’autant l’expansion de cette société collaborative. D’ailleurs, tel est le cas des conflits de travail et juridiques qu’a suscité l’arrivée d’Uber, et qui a suscité, au moins dans certains pays européens, de fortes réactions, Uber étant perçu comme un intrus qui enlèvent des emplois, qui ne paient pas d’impôts, et qui fait croire qu’elle fait partie de l’économie du partage.

L’Internet des objets
L’interconnectivité mondiale est la source de nombreux problèmes bioéthiques, tels que le vol de données, les agressions répétitives envers la vie privée, la violation de la vie privée, le manque de responsabilité, la stigmatisation des pauvres, le manque de transparence, l’exposition aux cyberattaques, le bioterrorisme, les violations de la dignité et des droits de l’homme, le rejet d’une demande d’assurance-vie ou salariale en fonction de la condition génétique du demandeur, la tromperie et la falsification des identités personnelles ou de groupe, les facteurs de risque pour la santé, le travail, les actifs bancaires, etc.

L’interconnexion des réseaux peut générer non seulement de la malfaisance, mais aussi un plus grand degré d’injustice et d’inégalité. Par exemple, un fossé numérique plus grand que celui qui existe déjà, ou un nouveau capitalisme avec une structure virtuelle, plus puissant et asservissant que le capitalisme économique existant.

En conclusion :

  • la collaboration est déjà une valeur virtuelle ;
  • la nouvelle culture de collaboration est construite à travers le réseau ;
  • l’émergence de l’ère de la collaboration révolutionne la manière de collaborer et de partager entre les individus, les collectivités et les sociétés, grâce aux prosommateurs ;
  • l’extension de l’éducation aux niveaux secondaire, universitaire et post-universitaire, via Internet, à un coût marginal nul ou presque nul, est un avantage incalculable pour réduire les inégalités dans l’ensemble du village planétaire.

[Vie numérique]

© José Rodríguez Merino (Ph. D. / philosophe de la biotéhique), 2018

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