Changer le mode de production de l’avenir, afin de faire en sorte que chaque produit ait plusieurs cycles d’utilisation et de production, tel est l’objectif de l’économie circulaire. L’idée étant que les ressources soient transformées en produits, les produits en déchets et les déchets en ressources . En d’autres termes, la fin de vie d’un produit est la base de la naissance d’un autre.

Il s’agit donc d’une approche qui va au-delà du recyclage . Il ne s’agit pas seulement de minimiser ou de réparer les dommages qui proviennent du système actuel, mais aussi de traiter les causes. Cela nécessite une réflexion sur l’impact environnemental ai niveau de toutes les phases de la production, y compris la conception et la conception des produits (écoconception).

Le paradigme de l’économie circulaire s’oppose au système de production linéaire actuel. Si jusqu’à présent le comportement était « prendre, fabriquer, jeter» , ce que le modèle d’économie circulaire propose est «réduire, réutiliser, recycler». De cette manière, tous les matériaux et produits de la chaîne de production servent donc à alimenter d’autres systèmes.

Cette nouvelle séquence «réduire, réutiliser, recycler» permet aux entreprises d’optimiser leurs ressources et leurs matériaux, et donc d’ augmenter leur rentabilité . Cela se traduira éventuellement par une grande économie de matériaux et créera des milliers d’emplois, selon les données fournies à partir de plusieurs études.

Vu sous un autre angle, cela augmentera également la réputation des entreprises. En fait, au cours des dix dernières années, les entreprises se sont préoccupées de l’impact environnemental de leurs activités productives, conduisant ainsi à la mise place de politiques de responsabilité environnementale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La promotion de l’économie circulaire représenterait donc une étape supplémentaire pour toutes les autres entreprises, car ce modèle exige que les entreprises impliquées coopèrent les unes avec les autres et travaillent en réseau, car les résidus de certaines sont les ressources des autres. Cela pourrait même conduire au développement de polygones d’économie circulaire (ou symbiose industrielle).

Ce système a également la capacité de générer un écosystème favorable à l’innovation, favorisant ainsi l’émergence de nouveaux modèles économiques. Par conséquent, l’économie circulaire est présentée comme une solution alternative à un modèle de production et de consommation qui commence à faire partie du passé et qui est appelé à un renouvellement inévitable.

Pour cette raison, le Parlement européen a adopté la résolution intitulée Vers une économie circulaire : un programme zéro déchet pour l’Europe, et s’est engagé à légiférer sur le sujet. Il est indiscutable qu’une réponse globale est nécessaire, mais en même temps, c’est aussi l’occasion pour les chefs d’entreprise de devenir les protagonistes du changement de ce nouveau modèle, qui traite à la fois de l’environnement, des gens et l’entreprise.

Et cette façon de voir les choses est inévitablement plus durable, mais en même temps plus créative, plus participative plus efficace, plus productive, et plus génératrice d’emplois. En somme, un modèle mieux reconnu, disposant d’une plus grande crédibilité, dont l’employeur et le travailleur sont tous deux fiers et dont chacun se sent concerné. Il s’agit peut-être là d’un modèle plus efficace pour un avenir qui ne s’annonce pas si simple en termes de défis à relever, sans être toutefois être impossible à mettre en oeuvre.

© Vincent Moya, 2018
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