La vie des vélos

La vie des vélos, c’est aussi tous ces objets usuels, et tous ceux de la vie courante, qui sont parfois les plus difficiles à photographier.

Comme je le soulignais à mes étudiants inscrits au cours de Sociologie Visuelle, il arrive, à un moment donné, que notre propre environnement nous devient, visuellement parlant, presque totalement opaque, tellement nous y sommes habitués. En ce sens, le travail du sociologue de terrain est bien celui de relever ce qui n’apparaît plus dans le champ de vision, tellement il y est incrusté.

Prenons l’exemple du vélo. En fait, quoi de plus banal qu’un vélo attaché à un panneau de signalisation dans le quartier central d’une ville. Partant de là, comment arriver à faire une photo d’un vélo, sans pour autant que cette photo ne traduise notre propre vision, à savoir être à hauteur d’homme du vélo. Je m’explique.

La photo ci-dessous1, est la représentation même du concept à « hauteur d’homme », c’est-à-dire que celle-ci a été prise de la même hauteur dont je me serais saisi du vélo. Conséquemment, si je ne veux pas faire en sorte de répéter le processus d’opacification de mon environnement visuel, je dois trouver un autre angle pour photographier le vélo.

 

La seconde photo ci-dessous, prise avec une contre-plongée, alors que je suis étendu au sol pour la saisir, offre effectivement une tout autre perspective sur le vélo. Non seulement la dégage-t-il de la perspective « à hauteur d’homme », mais elle lui rend sa pleine dimension. Ce faisant, le vélo, objet usuel attaché à un panneau de signalisation, se révèle totalement, mettant en évidence le moindre de ses composants. Mais plus encore, cet angle de vue permet de mieux entrapercevoir le second vélo qui, lui aussi, est attaché à un autre panneau de signalisation.

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[1] Intersection rues Ste-Claire et St-Olivier, quartier St-Jean-Baptiste, Québec, 26 mars 2018.

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