L’humanité a plus que changé au cours de son existence en tant qu’espèce. Bien que, du strict point de vue biologique, nous ne sommes pas diamétralement différent de l’homme d’il y a 70,000 ans, les capacités que nous donnent nos réalisations scientifiques, technologiques et socioculturelles ont transformé la définition du sens même d’être un homo sapiens. Que ce soit par des procédés agricoles, l’invention du moteur à vapeur, les pratiques de stockage et de transmission des connaissances et de l’organisation du travail, nous avons augmenté nos capacités biologiques de façon spectaculaire.

Toutefois, que nous le voulions ou non, notre espèce changera encore beaucoup plus au cours des décennies et des siècles à venir, alors que nous sommes déjà à développer la capacité de modifier notre propre biologie, d’élargir nos capacités à travers diverses formes d’interaction homme-machine, et d’approfondir la nature même des processus inhérents à l’innovation sociale et culturelle.

À long terme, l’avenir est peut-être prometteur, malgré tout ce qu’on puisse en dire. Et si on voulait faire dans l’utopie, comme la chose se pratiquait à la fin du XIXe siècle, disons que des progrès continus et soutenus pourraient éventuellement permettre à l’humanité de se disperser à travers la galaxie qui, au moment où ces lignes sont écrites, semble dépourvue de vie intelligente.

Cependant, ce que nous serons dans l’avenir ressemblera peu à ce que nous sommes maintenant en termes de capacités physiques et intellectuelles. Il est fort possible que nos descendants soient augmentés bien au-delà de ce que nous reconnaissons maintenant comme étant de l’ordre de l’être humain.

Le risque existentiel de l’humanité

Ce risque existentiel pour l’humanité se reflète dans la formulation prudente de la définition du risque existentiel de Nick Bostrom, et qui est considérée comme la définition standard utilisée dans ce domaine. Donc, un risque existentiel est « un risque qui menace l’extinction prématurée de la vie intelligente d’origine terrestre, ou avec la destruction permanente et drastique de son potentiel pour un développement futur souhaitable1 ». Toutefois, les universitaires de ce domaine de recherche sont en fait moins préoccupés par la forme que l’humanité pourra prendre dans un avenir plus ou moins rapproché, que les risques auxquels elle est susceptible d’être confrontée.

Quels sont ces risques ?

Il pourrait s’agir d’un événement cataclysmique susceptible de rayer notre espèce de la carte, et avec elle, peut-être la capacité future de notre planète à accueillir de nouveau la vie intelligente.

Une autre possibilité à envisager pourrait bien être celle d’un cataclysme en mesure d’anéantir l’humanité, modifiant ainsi nos environnements de vie de façon si drastique, que tout progrès futur deviendrait quasi impossible. Par exemple, un changement climatique incontrôlé et incontrôlable pourrait non seulement presque tous nous éliminer, mais ferait aussi en sorte que ceux qui resteraient, dispersés un peu partout sur la planète, avec un accès limité aux ressources, rendrait impossible de continuer le fait de progresser sur le plan scientifique, technologique et culturel.

Au lieu de partir à la conquête de l’espace ou de se réinventer socialement en tant qu’espèce, cela nous forcerait vraisemblablement à rester enfermés dans une bataille permanente pour simplement survivre dans un monde beaucoup moins généreux qui ne l’a déjà été.

© Georges Vignaux, Pierre Fraser, 2018


Références
1. Bostrom, N. (2002), « Existential Risks », Journal of Evolution and Technology, vol. 9, n° 1.