Source : Intelligence artificielle, le corps augmenté.

Le corps amélioré est un projet scientifique inévitable. Ce qui attend le corps va au-delà de tout ce qui est pour le moment possible d’imaginer.

Il est plausible d’avancer l’idée que ce chantier sera encore et toujours fédéré sous la contenance de soi et la gouvernance de soi, concepts formulés par la morale puritaine de la Réforme protestante du XVIIsiècle.

La quantification de soi à l’aune des technologies numériques, cette capacité dont dispose désormais l’individu à monitorer sa condition métabolique en temps réel, a de beaux jours devant elle.

Ce qui se pointe maintenant à l’horizon c’est la transparence de soi, c’est-à-dire le corps ultimement transparent rendu intégralement visible par toutes les technologies numériques d’imagerie médicale actuellement en développement. Ce faisant, il est envisageable de penser que la contenance de soi et la gouvernance de soi disposeront de deux outils normatifs extrêmement puissants : la quantification de soi et la numérisation de soi.

Outils normatifs, dans le sens où cette quantification de soi et cette numérisation de soi renverront de plus en plus en temps réel à l’individu les fourchettes statistiques du corps idéal, performant, optimisé et en santé à atteindre.

Outils normatifs, dans le sens où l’accès à ces mêmes outils ne sera pas également réparti, d’où possibilité d’inégalités sociales et de stratification sociale.

Certains aspects de la condition humaine — handicap, souffrance, maladie, vieillissement — seraient tout à fait inutiles et indésirables. C’est l’épistémologie transhumaniste. Le transhumanisme, c’est l’Homme 2.0, un programme qui se décline en quatre phases.

Dans un premier temps, obtenir une espérance de santé optimale jusqu’à un âge avancé, tant sur le plan physique que mental.

Dans un deuxième temps, améliorer de façon significative les capacités physiques et mentales.

Dans un troisième temps, transcender l’homme en déployant pour lui de nouveaux possibles pour sa nature humaine par l’intermédiaire des biotechnologies et de la bioinformatique.

Dans un quatrième temps, dématérialiser, délocaliser, détemporaliser le cerveau en le transférant dans un ordinateur, suite logique de ce que les technologies numériques ont d’inscrit au plus profond d’elles-mêmes : dématérialisation, délocalisation, détemporalisation. Toutes ces étapes, c’est le projet transhumaniste.

Ce qui nous attend est inévitable… 

Faut-il par contre accorder crédit à tout ce que dit Laurent Alexandre , le spécialiste français du transhumanisme ?

Et que nous disent Laurent Alexandre (médecin et entrepreneur) et Jean-Michel Besnier (philosophe spécialiste des nouvelles technologies) ?

« Le transhumanisme est un mouvement technico-scientifique international qui prétend augmenter à l’infini les performances physiques et mentales de l’être humain. Aujourd’hui vous pouvez déjà faire séquencer votre ADN en une journée, pour, peut-être un jour, le réparer, tandis qu’Internet bouleverse nos modes d’apprentissage et nos relations sociales. Demain, l’intelligence artificielle aura-t-elle encore besoin de l’intelligence humaine et ferons-nous l’amour avec des robots ? »

C’est ce que nous explique Laurent Alexandre dans cette conférence TEDx.

 

© Pierre Fraser (Ph. D.), 2017 / texte