Violence sociale et défavorisation

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En moins de 60 secondes, Mélanie, intervenante sociale, nous décrit en quelques mots seulement, ce que les élites qui nous dirigent font subir aux plus vulnérables de la société.

La violence sociale vise à isoler socialement une personne, pour mieux établir son contrôle sur celle-ci. Par exemple, la perte du réseau social éloigne la femme victime de violence conjugale de la possibilité de recevoir du support et des ressources pour l’aider. La violence sociale se traduit souvent par le dénigrement de la famille et des amis, l’interdiction de voir et de parler avec certaines personnes, le contrôle des sorties, l’interdiction de sortir seule ou de parler à de nouvelles personnes, l’interdiction d’aller à l’école, de travailler, d’apprendre la langue du pays d’accueil, etc.

La normalisation sociale peut-être considérée comme étant  la  principale  cause  de  nombreuses formes de violence sociale, parce qu’elle oblige chacun d’entre nous à être ce que nous ne serons jamais. Elle nous contraint à nous comparer, à juger ou à être jugé dans chacun de nos actes, à refouler nos désirs. En ce sens, elle nous force à nous défier de l’autre qui risquerait de nous pervertir par sa nature spécifique. La norme sociale  nie  les  identités,  catégorise,  substitue  la morale à l’expérience acquise et aux différences individuelles. Elle prétend servir la cohésion sociale, elle sépare les individus dans la haine de l’autre par une compétition bien récompensée et entretient la haine de soi pour celui qui n’est pas conforme.

© Pierre Fraser, Ph.D., 2017 / vidéo