La précarité n’est pas un métier pour les jeunes

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Aujourd’hui, au Québec et ailleurs en Occident, l’emploi atypique, c’est-à-dire à temps partiel, contractuel, temporaire ou indépendant, est le lot plus ou moins volontaire d’un travailleur sur trois. En 1976, c’était un sur six. Louise Chabot, présidente de la Centrale des Syndicats du Québec, dans un bref entretien, en se fondant sur les données des travailleurs de la CSQ, explique comment les jeunes travailleurs sont de plus en plus affectés par la précarité. Si la précarité n’est pas un métier elle risque bien de le devenir…

« Ces  types d’emploi  sont  souvent  associés  à  des  conditions  de  précarité,  car  ils  présentent  de  faibles salaires, peu d’avantages sociaux de même qu’une instabilité en regard de la durée d’emploi et du  revenu.  On  parle  de  précarité  quand  l’emploi  atypique  est  non  désiré,  ce  qui  survient  deux fois  plus  souvent  chez  les  jeunes.  Ces  derniers  estiment  d’ailleurs  que  la  situation  leur  est imposée  par  le  marché  du  travail.  La  réalité  économique  des deux  dernières  décennies  a effectivement favorisé un accroissement structurel, et non passager, de l’emploi atypique. Les jeunes croient tout de même qu’ils peuvent trouver un emploi, mais ils ont l’impression que la  plupart  sont  instables,  temporaires  et  peu  payés.

Au sujet du travail autonome, la réalité touche davantage les travailleurs plus âgés, mais cette forme d’emploi croît aussi rapidement chez les 20-29 ans que chez les plus de 30 ans. Or,  les  emplois  atypiques  n’offrent  pas  les  mêmes  conditions  que  les  emplois  réguliers.  Les employés à temps partiel ont la moitié du revenu annuel moyen de ceux à temps plein, alors que les   employés   temporaires   obtiennent   les   deux   tiers   du   revenu   annuel   des   employés permanents. Quant au travail autonome, il apporte des avantages sur la souplesse de l’horaire et la variété du travail, mais les travailleur s effectuent plus d’heures que les salariés et gagnent moins.  De  surcroît,  ces  travailleurs  croient  généralement  qu’ils  obtiendront  davantage  que  les salariés avec l’expérience, mais les données  montrent que l’écart s’élargit avec l’âge. 1 »
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1 Gouvernement du Québec, Emploi atypique et précarité chez les jeunes : une main-d’œuvre à bas prix, compétente et jetable.

© Pierre Fraser, Ph.D., 2017 / vidéo
© Photo de l’entête : Europe 1, 2016.