OGM, codes visuels et efficacité argumentative

Articles / Arrêt sur image

Tout comme l’intelligence artificielle possède ses propres codes visuels pour la rendre socialement acceptable, ainsi il en va de même avec les organismes génétiquement modifiés.

OGM, visuel et mise en marché efficace des argumentsPremièrement, il suffit de montrer un enfant affamé afin d’éveiller chez l’auditeur un sentiment de sympathie et d’empathie.

Deuxièmement, en montrant un enfant affamé et en faisant appel à l’émotion plutôt qu’à la raison, on évacue ainsi de facto toute discussion ou argumentation ultérieure.

Troisièmement, en évacuant toute discussion ultérieure, toute personne qui voudra argumenter contre les OGM, parce qu’il a déjà été a établi que des enfants sont affamés parce que des OGM ne sont pas disponibles, sera considéré comme un sans cœur, pour ne pas dire un tro*-**-***.

Quatrièmement, et partant de là, il suffit d’affirmer que tous les discours s’opposant à la recherche et au développement des OGM sont essentiellement des discours contre le fait d’alimenter adéquatement des enfants affamés.

OGM, visuel et mise en marché efficace des argumentsCinquièmement, il suffit de montrer, autant que faire se peut, des images et des vidéos qui font appel aux processus de la recherche scientifique : béchers, éprouvettes, centrifugeuses, simulation d’ADN recombinée, etc., afin de créer l’illusion de la scientificité.

Sixièmement, il faut convoquer et enrôler tout ce qu’il y a de journalistes et d’idiots utiles qui serviront de courroie de transmission, bien que ces derniers détestent tout ce qui n’a pas l’air scientifique même s’ils ne possèdent eux-mêmes aucune formation scientifique.

Septièmement, il faut mettre en œuvre une campagne de diffamation concernant tous les autres scientifiques, chercheurs ou activistes, qui n’adhèrent pas au discours des enfants affamés qui pourraient être sauvés par les OGM.

Finalement, dans le fait d’évacuer l’argumentation par l’émotion signale à quel point la façon d’agencer et de structurer un discours par l’image a parfois plus d’impact que les seuls mots. En fait, en manipulant une image, on peut lui faire dire n’importe quoi, tout comme les statistiques.

© Pierre Fraser, Ph.D., 2017 / texte