Réduire la taille de l’État pour mieux servir le citoyen ?

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La présidente de la Centrale des Syndicats du Québec (CSQ), Louise Chabot, explique ici comment le gouvernement du Québec entend réduire la taille de l’État et comment les impacts de ces mesures d’austérité risquent de fragiliser le tissu socioéconomique. La proposition de Louise Chabot est intéressante à plus d’un égard. Tout d’abord, elle contre le récit des élites dirigeantes à penser que l’individu peut tout assumer et qu’il est possible de faire plus avec moins pour maintenir le filet de sécurité sociale. Deuxièmement, elle montre comment une certaine pensée s’est installée qui veut que pour être performant et productif, à l’image de l’entreprise privée, l’État doit forcément réduire sa mission sociale. Troisièmement, en modifiant ainsi le rôle de l’État, le gouvernement change aussi ce qui constitue la relation même entre employeur et employé.

Au Québec, depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement libéral de Philippe Couillard, « la plus grande partie des compressions identifiées depuis 2014 a été observée dans le secteur de la santé et des services sociaux (963,4 millions $), suivies de celles dans l’éducation postsecondaire (335,8 millions $), l’enseignement primaire et secondaire (337 millions $) et l’aide sociale et accès-logis (118 millions $). » Conséquemment,« des dommages considérables ont déjà été faits » et « tous les services à la population se retrouvent soit déstructurés, soit sous-financés, soit les deux. » En fait, le gouvernement Couillard a utilisé « les mesures d’austérité comme un moyen pour transformer les institutions du Québec1
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1 Agence QMI (2016, 15 mars), Plus de 4 milliards $ en mesures d’austérité.

© Pierre Fraser, Ph. D., 2017 / vidéo