Bénéficiaire d’une banque alimentaire

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D’un strict point de vue linguistique, les mots bénévole et bénéficiaire relèvent du même préfixe latin bene (bien). Le suffixe du premier, bénévole, vole (vouloir), désigne l’idée de vouloir le bien. Le suffixe du second, bénéficiaire, facere (faire) est un « bien fait ». En un certain sens, le bénévole et le bénéficiaire sont dans une logique qui les unit irrémédiablement. Cette logique n’existe pas entre vendeur (du latin vendere : vendre ; trafiquer ; faire valoir ; vanter ; louer ; recommander) et acheteur (du latin populaire captare : chercher à prendre). Elle se situe plutôt dans une logique d’opposition. Le premier fait valoir ses produits, le second cherche à prendre ce que le premier offre en échange d’un montant d’argent. Le bénévole, pour sa part, offre quelque chose pour faire du bien, sans aucune attente en retour, alors que le bénéficiaire accepte ce qui lui est généreusement offert.

▼ Le bénéficiaire de l’aide alimentaire confronté à un choix limité de produits offerts par des donateurs

Bénéficiaire d'une banque alimentaireCette photo est éloquente à plus d’un égard. Le bénéficiaire, étant celui qui bénéficie — dans le cadre des services offerts par une banque alimentaire — de denrées offertes par des donateurs souvent qualifiés de « généreux donateurs », est généralement confronté à une offre relativement limitée et parfois en contradiction avec ses propres pratiques alimentaires. Par exemple, dans le bac en plastique noir, on retrouve, entre autres, de la mousse d’huître, des carottes découpées en fines lanières, des mets préparés qui, généralement, arrivent à leur date de péremption et qui devront, conséquemment, être consommés dans les 48 heures qui suivent. Sur la table elle-même, on retrouve des pâtés de campagne, de petits pains fourrés — soit de jambon haché ou de poulet —, des muffins, des fruits, des surgelés, le tout couronné d’aliments dits santé comme de l’humus et de petits plats végétariens à base de quinoa, de riz sauvage, de légumes courants et exotiques. Certes, il y a aussi une certaine gamme de produits de base, mais l’idée générale qui se dégage de tout ce qui est disponible, c’est le défi d’arriver à obtenir une alimentation équilibrée. Autre phénomène intéressant, lors de la prise de photos, il n’y avait pas de croustilles, de friandises et de biscuits.

© Pierre Fraser, Ph. D., 2017