Nourrir les exclus de la société

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Le directeur général de la banque alimentaire La Bouchée Généreuse, Pierre Gravel, pose un sombre constat : « On devrait pas exister. On récupère, on fait des pieds et des mains pour obtenir des denrées alimentaires. On organise chaque jeudi la journée de distribution. Parfois, j’ai l’impression qu’on remplace l’État. Il y a un an, on avait 325 personnes. Aujourd’hui on a 750 bénéficiaires chaque jeudi… C’est pas drôle là… On est en train de devenir une institution… »

En mars 2016, 863 492 personnes ont reçu de la nourriture d’une banque alimentaire au Canada. Il s’agit d’une hausse de 1,3 % par rapport à la même période en 2015, et de 28 % par rapport à 2008. Les banques alimentaires viennent en aide à une gamme de personnes variées. Plus du tiers des personnes qui reçoivent de l’aide des banques alimentaires sont des enfants et des jeunes, et plus de 40 % des ménages qui reçoivent de la nourriture ont des enfants. Les personnes qui vivent seules – qui font face à un risque élevé de vivre dans la pauvreté – représentent maintenant une proportion croissante de ménages qui reçoivent de l’aide.

Un grand nombre de personnes qui ont accès aux banques alimentaires touche une forme d’assistance gouvernementale quelconque, qu’il s’agisse d’une pension, d’une rente d’invalidité ou d’aide sociale, ce qui est un gage marquant du faible soutien qu’offrent ces programmes. De l’autre côté de la médaille, près d’un ménage sur six bénéficiant de l’aide d’une banque alimentaire comprend une ou plusieurs personnes qui travaillent et pourtant, le besoin de recourir à une banque alimentaire pour joindre les deux bouts se fait toujours sentir1.

© Pierre Fraser (Ph. D.), 2017 / texte et vidéo

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1 Banques alimentaires Canada (2016), Bilan Faim 2016.