Plan séquence, lumière, trame sonore

  

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Au courant de l’hiver 2015, j’ai réalisé un documentaire intitulé Requiem pour une église à propos de la fermeture au culte de l’église St-Jean Baptiste de Québec. Pendant plus de 5 mois, j’ai suivi différents intervenants afin d’obtenir différents points de vue concernant la fermeture. Certes, comme il s’agissait de mon deuxième documentaire, celui-ci souffre de plusieurs faiblesses. Par contre, la fin est relativement bien réussie.

Le premier plan séquence, de 00:07 min à 00:45 min, est bien réussi. On y voit le sacristain ouvrir la grande porte centrale depuis l’intérieur de l’église. Comme je savais que le passage de la pénombre de l’église à la pleine lumière du jour saturerait le capteur vidéo de lumière, ce que je ne savais pas par contre, c’est l’effet que la chose donnerait, et je dois l’avouer, l’effet est bien rendu !

Avec les plans qui suivent, sans être forcément des plans séquence, j’ai voulu montrer tout le paradoxe de la cérémonie de fermeture causée à la fois par le manque de fidèles et d’argent. Tout d’abord, à 00:55 min, la foule emplit tous les recoins de l’église. À 01:00 min, j’ai suivi la personne qui, avec le panier, ramasse les aumônes des fidèles. À 01:35, un moment fort de la cérémonie de fermeture au culte, la pierre d’autel est retirée, signifiant par là-même, que ce lieu ne pourra plus servir au culte catholique. À 02:02, le curé de la paroisse ferme la porte centrale de l’église, autre moment fort. Finalement, à 02:16 min, le sacristain marche seul dans une église vide et sombre, signifiant la fermeture non équivoque.

En ce qui concerne la trame sonore, j’ai tout d’abord éliminé toutes les paroles et les bruits ambiants pour faire place à une musique qui colle fort bien à la trame visuelle dans le but de soulever une émotion. Le but que je visais a vraisemblablement fonctionné, car lors du premier visionnement public, des gens sont venus me dire qu’ils avaient beaucoup aimé la fin.

© Pierre Fraser, 2017