Authenticité, produit du terroir, alimentation bio

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Le Marché public du Vieux-Port de Québec, du début novembre au 24 décembre, s’inscrit dans quatre mouvances : (i) l’écologisme, avec l’idée de développement durable, d’alimentation bio et de commerce de proximité ; (ii) l’authenticité, avec l’idée de produits du terroir et équitables ; (iii) le mode de vie sain, avec l’idée qu’une saine alimentation serait garante d’une espérance de santé jusqu’à un âge avancé, tant sur le plan physique qu’intellectuel ; (iv) le travail équitable, c’est-à-dire le juste prix payé pour le travail effectué par un petit producteur ou commerçant.

Présentoir de gelées et de confitures. Le petit producteur incarne à lui seul les idées
d’authenticité, de produit du terroir, d’alimentation bio, de proximité et de santé aliments-01Ces 4 mouvances forment un discours politique incitant le citoyen à faire des choix plus éthiques en matière de consommation. Il dessine les contours de ce type d’espace alimentaire, en précise et définit le sens. Issu des idéaux de la mouvance hippie américaine des années 1960, du retour à la terre et de la production alimentaire non industrialisée, ce discours suggère qu’une consommation responsable dispose de tout le potentiel requis pour obliger le puissant et omniprésent complexe agroalimentaire à changer ses pratiques et méthodes, et faire en sorte qu’il devienne plus éthique et responsable vis-à-vis de l’environnement.

Ce n’est ni banal ni trivial, car ce type d’espace alimentaire définit des pratiques de commensalité spécifiques. Comme le souligne le sociologue Claude Fischler, « l’alimentation comporte presque toujours un enjeu moral. Le choix des aliments et le comportement du mangeur sont inévitablement soumis à des normes religieuses, médicales, sociales, et donc sanctionnées par des jugements. Dans le cours du changement social, et civilisationnel, les critères qui président à ces jugements évoluent, quelquefois massivement. Le statut moral de certains aliments, leurs significations et leurs connotations subissent de plein fouet l’effet de ces évolutions1. »

© Pierre Fraser, 2016
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1 Fischler, C. (2001), L’homnivore, Paris : Éditions Odile Jacob, p. 275.