Kyoto, la ville labyrinthe

La version intégrale de cet article de Valérie Harvey
est disponible ici dans le numéro Photo | Société, vol. 2, n° 1.

Dans la ville de Kyoto, les grandes artères sont les seules à posséder un nom et à l’indiquer clairement. Dès que l’on s’engage dans l’une des nombreuses petites rues qui les bordent, on tombe dans un autre monde et on entre alors dans le véritable Kyoto : un labyrinthe de rues très étroites qui se tortillent dans tous les sens. La ville est divisée en arrondissements (-ku), puis en quartiers (-cho), pour finalement être fractionnée en quadrilatères.

Kyoto, ville labyrinthePour donner un aperçu de la complexité de l’enchevêtrement des rues de Kyoto, il faut savoir que le facteur distribuant le courrier six jours par semaine connaît tous les noms des propriétaires du quartier. Cela est nécessaire s’il veut être en mesure de délivrer les paquets dans les temps, l’une des fiertés du pays. De même, un restaurant qui livre à domicile peut garantir un service en 30 minutes. Parions que si vous habitez un quartier moins fréquenté, la moto du livreur de pizza arrivera en 35 minutes, le temps qu’il trouve où se situe exactement votre résidence. Il communiquera son échec à la compagnie et, 20 minutes plus tard, un second livreur vous amènera une pizza gratuite ! On ne badine pas avec les engagements au Japon…

Kyoto, ville labyrinthePour simplifier la vie du facteur, du livreur et des visiteurs, les quadrilatères installent parfois des tableaux où les terrains sont indiqués avec le nom de la famille de l’occupant. Kyoto n’offre donc pas le même anonymat au résident que les villes occidentales. Car si vous habitez un lieu, votre nom est inscrit sur ce tableau du quartier, mais également sur une affichette à l’entrée de votre maison. Lorsqu’un Japonais invite quelqu’un chez lui, il ne communiquera pas son adresse. Il optera plutôt pour un lieu facile à trouver : la gare ou le temple le plus près. Une heure sera convenue (et des numéros de cellulaire échangés au cas où le rendez-vous serait retardé) et c’est là qu’il rejoindra son invité pour le ramener à la maison. Le chemin est trop difficile à décrire, même pour les Kyotoïtes.

La version intégrale de cet article de Valérie Harvey est disponible ici dans le numéro Photo | Société, vol. 2, n° 1.

© Valérie Harvey, 2017

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