Embourgeoisement et revitalisation : des réalités sociales

La version intégrale de cet article de Lydia Arsenault est
disponible ici dans le numéro Photo | Société, vol. 2, n° 1.

st-roch-01Cet article est d’abord une réflexion entourant les notions d’embourgeoisement et de revitalisation urbaine, mais a pour principal but de démontrer à quel point deux quartiers ayant une histoire similaire — et à l’origine principalement constitués d’ouvriers — peuvent mener à des dynamiques sociales bien différentes. Dans un premier temps, c’est sur la notion d’embourgeoisement que l’article mettra l’emphase, et je tenterai de tracer un léger portrait de ce à quoi peut mener, au plan social du moins, l’application d’un plan d’embourgeoisement. Le quartier Saint-Roch et ses habitants serviront d’exemple. L’attention sera ensuite portée sur la notion de revitalisation urbaine et sur quelques-uns des principes directeurs de cette approche sociale pour démontrer quels types de contrastes peuvent être observés dans un quartier en pleine revitalisation. Pour y arriver, des photos tirées d’un terrain personnel réalisé dans le quartier Saint-Sauveur de Québec seront utilisées. […]

st-roch-02Il est plutôt facile de tomber dans le piège du discours dominant tenu par les élus et décideurs municipaux qui galvaudent des termes se rapprochant de l’idée d’embourgeoisement, mais qui se démarquent dans l’approche et surtout dans les impacts sociaux observables sur le quartier où les politiques sont appliquées. Certains se laissent prendre par l’idée suggérée de régénération d’un quartier (comme si un quartier avait des âges de vies qui se rapprochent de l’idée des différentes générations, avec leurs différentes allures et valeurs) ou encore de revitalisation (comme s’il s’agissait de redonner vie à un quartier parce qu’il n’est plus très vivant). Or, les élus évitent le plus souvent de parler d’embourgeoisement : ils savent bien que ce terme comporte une connotation plus négative que positive parmi la population, qui elle, fait plutôt référence au débarquement des bien nantis (gentry) dans le décor de leur quartier. Mais que sous-entend-on précisément par l’utilisation du mot embourgeoisement ? Selon Paul Journet (chroniqueur de La Presse), le terme embourgeoisement ne devrait pas être compris que de manière négative : l’actuel problème de perception se situerait dans la nature « fourre-tout » du mot qui « désigne à la fois un phénomène positif, la revitalisation d’un quartier, et ses conséquences négatives pour certains résidants. » Dans le cas du quartier Saint-Roch, il est pourtant inutile de se mentir : l’artère Saint-Joseph n’a pas été reconstruite pour les gens qui habitent le quartier depuis toujours. C’est plutôt pour les potentiels acheteurs au portefeuille bien rempli (et au profit des propriétaires immobiliers) que les penseurs — du beau, tendance et vivant Nouvo St-Roch — ont mis en œuvre la « revitalisation » de Saint-Roch.

La version intégrale de cet article de Lydia Arsenault est disponible ici dans le numéro Photo | Société, vol. 2, n° 1.

© Lydia Arsenault, 2017

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