Maîtriser ses photos

Cet article est initialement paru dans Photo | Société, vol. 1, n° 2.

camera-01La photographie dispose d’une capacité unique : transmettre une information instantanément en figeant un moment unique. Voilà pourquoi cet outil est le grand allié de tous ceux qui désirent traiter de phénomènes sociaux à travers l’image, fixe ou animée. Par contre, il est facile pour l’apprenti photographe d’être freiné par le manque de connaissances techniques fondamentales. Tout d’abord, il est important de saisir en quoi consiste le fonctionnement physique de l’appareil photo pour ensuite savoir comment en gérer ses composantes. Nous allons donc suivre le chemin de la lumière depuis l’objectif jusqu’à l’œil. La photographie, au plus simple de sa définition, consiste en une capture de la lumière, qu’il s’agisse d’une pellicule argentique ou d’un capteur numérique. Comme l’indique le schéma ci-dessus, le rayon de lumière pénètre tout d’abord à travers l’objectif et traverse une série de lentilles qui font converger la lumière vers le diaphragme, aussi appeler l’iris de la caméra. Le diaphragme est comparable à l’iris de l’œil humain : lorsqu’il y a peu de lumière, l’iris s’ouvre, ce qui fait pénétrer plus de lumière dans le globe oculaire ; à l’inverse, lorsqu’il y a trop de lumière, l’iris se referme pour en diminuer l’intensité. Pour l’objectif, c’est exactement le même principe, mais la manipulation du diaphragme influence aussi un autre facteur : la profondeur de champ.

La profondeur de champ

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_phil-03La profondeur de champ, c’est la distance de netteté de l’image. Plus le diaphragme est fermé, plus la distance de ce qui est au foyer (au focus) est grande. À l’inverse, plus il est ouvert, plus la distance de ce qui est au foyer est petite. Conséquemment, plus le diaphragme est fermé, moins de lumière pénètre dans l’appareil. Il faut dès lors compenser ce manque d’une autre façon, et ce, via l’obturateur. L’obturateur est un rideau qui permet de déterminer le temps d’exposition à la lumière de la pellicule argentique ou du capteur. Le rideau s’ouvre et se referme plus ou moins rapidement pour laisser passer la lumière, et il est possible de régler cette vitesse pour compenser le manque de lumière lorsque le diaphragme est trop fermé. Sur la plupart des appareils photographiques, cette vitesse d’obturation peut être réglée dans une fourchette se situant entre 8 millièmes de secondes (1/8000) à 30 secondes. Donc, si l’appareil manque de lumière en raison d’un diaphragme trop fermé, on compense la chose en augmentant la vitesse d’obturation afin de permettre à la pellicule ou au capteur d’être exposé plus longtemps au rayon de lumière. Par contre, la manipulation de l’obturateur influence aussi un autre facteur : le flou de bougé.

Le flou de bougé

_phil-04Le flou de bougé est causé par une vitesse trop lente de l’obturateur par rapport à un sujet en mouvement. La lumière ne parvient pas alors à se rendre assez rapidement à la pellicule ou au capteur pour bien figer le sujet. Prenons l’exemple d’une voiture qui passe dans la rue : si l’obturateur est trop lent, la voiture sera floue. Il faut donc augmenter cette vitesse pour figer correctement la voiture. Ce phénomène peu aussi se manifester lorsqu’on tient la caméra dans les mains, alors qu’elle n’est pas maintenue avec assez de fermeté. Ceci étant précisé, il faut également rappeler que si on augmente trop la vitesse de l’obturateur, il y aura, une fois de plus, un déficit de lumière pour exposer correctement la pellicule ou le capteur. Si ce problème survient, il faut dès lors trouver un autre moyen de compenser ce manque de lumière en faisant appel à la valeur ISO.

La valeur ISO

_phil-05L’ISO, c’est tout simplement une unité de mesure de la sensibilité à la lumière de la pellicule ou du capteur. Il va sans dire qu’il est très difficile pour un débutant de juger à l’avance de la valeur ISO adéquate pour optimiser la prise de photos. Heureusement, avec les caméras numériques, il est désormais possible de contrôler l’ISO depuis l’appareil. Le procédé est fort simple : plus on augmente l’ISO, plus de tension électrique est envoyée au capteur, ce qui le rend de facto plus sensible à la lumière. Donc, si après avoir ajusté le diaphragme, si après avoir déterminé la profondeur de champ désiré, et si après avoir ajusté la vitesse de l’obturateur, il manque encore de lumière, il suffira, en dernier recours, d’augmenter l’ISO, et de rendre ainsi le capteur beaucoup plus sensible. MAIS… parce qu’il y a un « mais », trop augmenter la valeur ISO entraînera un phénomène connu sous le nom de bruit. À éviter !

© Philippe Tremblay,  Photographe et vidéaste / ATM, 2016

 

 

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