Sociologie visuelle |

L’image est partout. L’image prédomine. Il y a là toute une dimension visuelle et sociale qui est mise en action et qui conditionne nos vies. Le simple panneau routier et le feu de circulation régissent nos déplacements. L’architecture structure nos espaces de vie et nos relations sociales. Le panneau réclame et la publicité communiquent des façons d’être et de consommer.

Dans un contexte technologique, où chacun est en mesure de produire et de diffuser des images à partir de son téléphone intelligent, où la consommation d’images est inévitable, la sociologie visuelle propose de mobiliser la production d’images, fixes ou animées, pour rendre compte des différentes réalités sociales qui travaillent et traversent la société.

Une sociologie de terrain, qualitative et analytique
En quoi la sociologie visuelle est-elle une sociologie de terrain, une sociologie qualitative et une sociologie qualitative ?

En sciences sociales, les images dépeignent des réalités sociales que ne peuvent montrer les mots et les chiffres, d’où la nécessité de les mobiliser pour saisir toutes les subtilités de la stratification sociale. En arts visuels et médiatiques, l’image et le message encapsulent des valeurs sociales, d’où l’idée de les décoder, socialement parlant. En géographie, les innombrables repères visuels disséminés partout sur le territoire circonscrivent un territoire social invisible, sous-jacent, en épaisseur, qui se superpose au territoire géographique, d’où des repères, des parcours, des franges et des réseaux visuels qui régissent la vie sociale dans son ensemble. En architecture, le bâtiment, à travers ses aménagements, structure la nature même du lien social, définit les conditions de l’espace de vie, d’où l’importance de le traduire en images pour en saisir la portée sociale.

Partant de l’idée que l’image doit être pensée comme un texte, c’est-à-dire des tissus capables de former des ensembles de significations dont il est possible de décrire le fonctionnement et les effets induits, le lecteur sera amené à traiter l’image comme un modèle d’expression, de communication, de monstration et de démonstration, un outil qui rassemble les trois principes fondamentaux d’une analyse : la description, la recherche des contextes, l’interprétation.

Mais avant tout, il s’agit ici de traiter l’image comme un modèle d’expression, de communication, de monstration et de démonstration. Cette démarche, avant tout scientifique et qualitative, doit rassembler les trois principes fondamentaux d’une analyse : la description, la recherche des contextes, l’interprétation. Le tout peut prendre soit la forme d’un article scientifique où le texte accompagne les photos, soit la forme d’un documentaire, d’une entrevue ou d’une capsule vidéo.

Sociologie critique
Plus particulièrement, la sociologie visuelle est avant tout une sociologie de terrain, donc par conséquent une sociologie analytique, mais elle peut aussi être une sociologie critique à la Foucault ou à la Bourdieu.

Sociologie reproductible
De plus, la sociologie visuelle possède une caractéristique fort intéressante, celle de la reproductibilité, c’est-à-dire qu’il est toujours possible, dans des conditions données X de parvenir à des résultats Y dans un environnement visuel Z stable. Par exemple, dans un quartier défavorisé, il est possible de retrouver des situations visuelles similaires et de les traiter avec les mêmes critères. Autrement, les objets visuels, composés de constituants visuels, forment inévitablement des repères visuels, eux-mêmes inscrits dans des réseaux visuels qui forment ainsi des parcours visuels inscrits dans des territoires visuels et délimités par des franges visuelles, des frontière visuelles et des lieux-mouvements.

Analyse des données visuelles recueillies
Vidéo à venir

 

But du cours
Ce cours vise donc avant tout des clientèles cherchant à intégrer la dimension sociale dans l’analyse et la production d’images, fixes ou animées. De plus, il n’a surtout pas la prétention de faire le tour de la sociologie visuelle, loin de là. Il s’agit avant tout d’un survol de ce champ émergent de la sociologie. Le lecteur déjà rompu à cette pratique n’y trouvera assurément pas son compte. Par contre, le nouveau venu, ou celui ou celle qui désire aborder de nouvelles notions, y trouvera matière à recherche et à expérimentation. En fait, cette introduction cherche avant tout à mettre la table pour des cahiers subséquents qui aborderont plus en détail certains points ici abordés.

Sociologie visuelle |

© Pierre Fraser (Ph. D.), 2017