La chevelure (repère visuel du corps)

Sociologie Visuelle

La chevelure est avant tout repère visuel du corps. Féminine ou masculine, dans les sociétés occidentales, la chevelure possède différentes connotations symboliques. Tout d’abord, dans une époque qui valorise l’égalité des sexes, ce qui différencie l’homme de la femme, c’est bien la longueur des cheveux. Le cheveu court est associé à l’image masculine, alors que le cheveu long est associé à l’image féminine.

Chez la femme, le modèle de chevelure dominant est celui d’une chevelure relativement longue, abondante et soyeuse. D’ailleurs, dans les publicités pour shampoing, les femmes portent généralement ce genre de chevelure abondante et soyeuse qu’elles font bouger au gré de mouvements de tête lents et prolongés pour en démontrer toute la souplesse et la luminosité. À l’inverse, constate la sociologue Lydia Arsenault, il est possible d’établir un lien raisonnable entre la tendance à porter les cheveux courts chez les femmes très carriéristes – début des années 2000 – et la forte prédominance masculine dans les postes de direction au même moment.

→ Sur le même thème : Les repères visuels du corps.

Chez l’homme, la calvitie naissante ou avancée, dans une société qui met en valeur les attributs de la jeunesse, est parfois perçue comme un handicap social de mise en valeur de soi. Pour pallier à ce problème, certains hommes optent pour le crâne chauve qui, contrairement à la calvitie, semble être porteur d’un symbole d’affirmation virile et de masculinité.

Pour le sociologue, ces repères visuels permettent de mieux saisir ce qui est ou non séduisant, ce qui constitue des stéréotypes. Par exemple, en déambulant dans un quartier défavorisé ou dans un centre commercial haut de gamme, le sociologue sera en mesure de repérer assez rapidement ces marqueurs sociaux de la chevelure, tant chez l’homme que chez la femme, jeune ou vieux. Il y a ici toute une étude sociale de la chevelure et de la condition sociale à faire à travers l’image.

En ce sens, le type de chevelure actuellement proposé correspond bien à la définition d’un repère visuel, en ce qu’il normalise notre jugement, notre attitude et nos opinions en ce qui concerne un certain modèle de chevelure qui définit en partie un modèle de corporéité dominant. Cette normalisation consiste à différencier ce qu’il convient ou non de faire avec sa chevelure en fonction de sa désirabilité du point de vue du groupe qui génère la norme. Ainsi, tel type ou tel type de chevelure permet effectivement la localisation d’autres repères sociaux comme l’appartenance à une certaine classe sociale ou à un certain groupe d’âge, ou à une sous-culture (ne jamais oublier que le repère visuel est élément de réseau). Conséquemment, la chevelure répond à certaines attentes, car elle est distinctive.

Sociologie Visuelle

© Pierre Fraser, 2016

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