La saine alimentation et l’urgence de s’y conformer

La saine alimentation, entre croyances populaires et faits scientifiques avérés
En 2008, des 57 millions de décès survenus à l’échelle mondiale, 63 % avaient pour cause des maladies non transmissibles : maladies cardiovasculaires (48 %), cancer (21 %), insuffisance pulmonaire chronique (11,6 %) et diabète (3,6 %)[1]. Autre fait intéressant, non seulement la prévalence de ces maladies a-t-elle augmenté de façon disproportionnée dans les pays à faible revenu, mais elle représente dorénavant 80 % des maladies non transmissibles dans ces pays. L’impact est important : 29 millions de décès prématurés, soit un taux de mortalité de plus de 29 % avant l’âge de 60 ans[2].

Armés de telles statistiques, il devient évident pour l’institution médicale et les services de santé publique que la sédentarité doit être considérée comme un facteur de risque majeur lié à une mort prématurée. Ce qu’elles signalent avant tout, c’est que l’individu doit sérieusement reconsidérer son mode de vie et ce qu’il implique. Et les recommandations de l’OMS à ce sujet sont claires : « une activité physique modérée 30 minutes par jour, l’arrêt du tabac et une alimentation équilibrée[3]. » Elle propose également aux autorités et aux responsables politiques de créer un milieu de vie favorable à l’individu en prenant diverses mesures : mise en œuvre d’une politique des transports assurant la sécurité des piétons et des cyclistes ; interdiction légale de fumer dans les bâtiments et lieux publics ; création de parcs, terrains de jeux et centres communautaires facilement accessibles ; promotion des programmes d’activité physique dans les écoles, les communautés et les services de santé. L’enjeu est majeur, car au moins 60 % de la population mondiale ne parvient pas à pratiquer le niveau d’exercice physique requis pour être minimalement en santé. En conséquence, il y a urgence à agir, car la sédentarité renforcerait toutes les causes de mortalité, doublerait le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, d’obésité et augmenterait les risques de cancer du côlon, d’hypertension artérielle, d’ostéoporose, de troubles lipidiques, de dépression et d’anxiété.

En ce qui concerne l’alimentation, celle-ci a été repérée depuis le XVIIIe siècle comme un facteur important du développement de la masse adipeuse. À l’échelle de la planète, actuellement, selon les données de l’OMS, plus de 2,7 millions de décès seraient attribuables à une consommation insuffisante de fruits et de légumes[4]. Des régimes proposés par l’américain William Banting au XIXe siècle, en passant par les recommandations du gastronome français Brillat-Savarin, jusqu’aux prescriptions des nutritionnistes du XXe siècle et du second millénaire, une ligne directrice est présente : l’intervention préventive est tentée, suivent régimes et restrictions.Côté intervention préventive, l’OMS vise deux niveaux : individuel et collectif.

Sur le plan individuel, il est recommandé : d’équilibrer l’apport énergétique pour conserver un poids normal ; de limiter l’apport énergétique provenant de la consommation de graisses ; de réduire la consommation de graisses saturées et de gras trans ; de privilégier les graisses non saturées ; de consommer davantage de fruits et de légumes ; de consommer davantage de légumineuses, de céréales complètes et de noix ; de limiter la consommation de sucres libres ; de limiter la consommation de sel, toutes sources confondues, et veiller à consommer du sel iodé[5].

Sur le plan collectif, les gouvernements sont encouragés à formuler des recommandations diététiques et à les actualiser en s’appuyant sur des études scientifiques de source nationale ou internationale. Côté régimes et restrictions alimentaires, médecins, nutritionnistes et l’ensemble de l’industrie de la perte de poids ont déjà préparé le terrain et il est bien balisé, pour non seulement atteindre un poids idéal, mais surtout pour le maintenir.

© Pierre Fraser, 2015

__________

[1] OMS (2011), Non Communicable Disease Mortality and Morbidity, Global Health Observatory.

[2] Idem.

[3] Idem.

[4] OMS (2012), Alimentation et exercice physique : une priorité de santé publique, op. cit.

[5] OMS (2004), Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé, p. 5.

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